Du retard dans la transmission des prévisions budgétaires 2026 des entreprises publiques en RDC : le gouvernement tape du poing sur la table

Au cours d'une rencontre entre la ministre de Portefeuille et les responsables des entreprises de portefeuille mardi 27 janvier 2026
Au cours d'une rencontre entre la ministre de Portefeuille et les responsables des entreprises de portefeuille mardi 27 janvier 2026
PAR Deskeco - 28 jan 2026 07:23, Dans Actualités

Malgré la prorogation exceptionnelle de l’échéance de transmission des prévisions budgétaires au 9 janvier 2026, par le gouvernement, un nombre significatif des entreprises de portefeuilles de l’Etat congolais n’a pas encore transmis son rapport prévisionnel, manquant ainsi à une obligation fondamentale de gestion.

« À ce jour, seules huit (8) entreprises ont transmis leurs prévisions budgétaires pour validation. Il s’agit notamment de : la REGIDESO, la SNCC, la SONAS, l’ONATRA, la SONAL, la COBIL, la SONA-HYDROC et LMC », a déploré mardi la ministre du Portefeuille, Julie Shiku, lors de la cérémonie de lancement officiel à Kinshasa des travaux d'analyse et de validation des prévisions budgétaires des entreprises publiques du portefeuille de l'État.

Avant de poursuivre,

« Je m’interroge avec la plus grande gravité sur les raisons pouvant justifier qu’à ce stade du processus, la majorité des entreprises du Portefeuille de l’État ne se soient pas encore acquittées de cette obligation essentielle, au détriment des intérêts de l’État actionnaire et des exigences de transparence et de redevabilité »

Et de renchérir : « Une telle situation constitue un manquement caractérisé aux principes de bonne gouvernance et de discipline administrative, et ne saurait en aucun cas être tolérée. J'attends, par conséquent, de chaque mandataire public, un sens élevé de responsabilité, de rigueur et de loyauté institutionnelle dans l’accomplissement de ses obligations de gestion ».

Les entreprises du Portefeuille de l'État concernées ont donc huit jours pour déposer leurs prévisions budgétaires 2026 en vue de validation.

« En conséquence, j’enjoins toutes les entreprises, présentes ou non à cette cérémonie, qui n’ont pas encore transmis leurs prévisions budgétaires pour l’exercice 2026, de s’y conformer dans un délai impératif de huit (8) jours à compter de ce jour, en fournissant des prévisions réalistes afin d’éviter des écarts significatifs entre les prévisions et les réalisations », a recommandé la ministre de tutelle. 

Mme Julie Shiku a par ailleurs rappelé que les prévisions budgétaires validées à l’issue de ces travaux vaudront contrats de performance entre l’État actionnaire et chacune des entreprises. Leur exécution fera l’objet d’un suivi et d’une évaluation périodiques fondés sur des indicateurs de performance formalisés dans les procès-verbaux y afférents. 

« Cette démarche doit ancrer durablement, au sein du Portefeuille de l’État, une culture de résultats, de transparence et de responsabilité, conforme aux exigences de bonne gouvernance et à la primauté de l’intérêt général, dans le respect du devoir républicain », a-t-elle déclaré.

La validation des prévisions budgétaires des entreprises publiques pour l'exercice 2026 constitue un moment d’exigence et de responsabilité collective pour évaluer la capacité réelle des organes de gouvernance à intégrer les standards d’une gestion prévisionnelle axée sur les résultats, la transparence et la redevabilité. 

« Le budget ne saurait être perçu comme une simple formalité administrative destinée à satisfaire une obligation réglementaire. Il constitue, au contraire, un instrument central de pilotage stratégique, opérationnel et financier de l’entreprise. Il engage la crédibilité de la gouvernance, conditionne la soutenabilité des investissements, encadre la gestion de la trésorerie et permet l’évaluation objective des performances », ajoute-t-elle.

Socle d’une gouvernance moderne, responsable et compétitive, conforme aux attentes de l’État actionnaire et des citoyens, le pilotage des entreprises du Portefeuille de l’État en République démocratique du Congo ne saurait plus s’inscrire dans une logique conjoncturelle ou réactive. Il doit désormais s’adosser résolument à une vision stratégique pluriannuelle, fondée sur la planification, l’anticipation et la mise en œuvre de mesures correctives en matière de performance, conclut-elle. 

Bienvenu Ipan

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