La décision du gouvernement congolais d’aménager la journée fériée du 17 janvier 2026 fait réagir dans les milieux économiques et financiers. En application du communiqué du ministère de l’Emploi et du Travail, l’Association congolaise des banques (ACB) a annoncé la fermeture temporaire de l’ensemble des établissements bancaires du pays sur plusieurs jours consécutifs.
« L'Association Congolaise des Banques informe le public, la clientèle ainsi que l'ensemble des parties prenantes que, conformément au communiqué du Ministère du Travail et de la Prévoyance Sociale du 12 janvier 2026, relatif à l'aménagement de la journée fériée du 17 janvier 2026, laquelle est reportée au lundi 19 janvier 2026, les dispositions suivantes ont été arrêtées », peut-on lire dans un communiqué officiel rendu public le 15 janvier 2026 à Kinshasa.
L’ACB précise ainsi que « les établissements bancaires seront fermés du vendredi 16 janvier au lundi 19 janvier 2026 inclus », avant d’indiquer que « les activités bancaires reprendront le mardi 20 janvier 2026 ». Tout en appelant la clientèle à l’anticipation, l’Association rappelle néanmoins que « certains services électroniques et digitaux resteront accessibles selon les modalités propres à chaque établissement ».
Si cette mesure s’inscrit dans le strict respect de la réglementation du travail en vigueur, elle soulève toutefois des inquiétudes quant à son impact sur l’économie nationale, déjà fragilisée par une forte informalité et une faible productivité.
Interrogé sur la question, l’économiste et entrepreneur congolais Al Kitenge dresse un constat sévère du coût économique des journées chômées en République démocratique du Congo.
« La RDC a toujours été un pays de gaspillage consacré dans notre code du travail. Lorsque vous commencez à travailler, vous avez presque 25 jours de repos après une année de travail », analyse-t-il.
Selon lui, la répétition des jours non ouvrés pèse lourdement sur la performance économique du pays.
« En fait, nous ne mettions pas du tout ce que vaut le temps. Aujourd’hui trois, quatre jours successifs, on ne va pas travailler, on ne se pose pas la question de ce que cela coûte. Malheureusement, nous sommes une économie largement informelle (…) mais les pertes sont énormes », alerte-t-il.
Al Kitenge estime par ailleurs que la question dépasse le simple aménagement ponctuel des jours fériés.
« Je pense que la chose la plus importante, c’est de faire la réforme complète des jours fériés dans notre pays mais également travailler sur la compétitivité du pays. Les gens ne se rendent pas compte que quand on perd un jour de travail, on perd des opportunités majeures, on perd le PIB », a-t-il conclu.
Pour rappel, la décision ayant conduit à cette fermeture des banques découle du communiqué officiel du ministère de l’Emploi et du Travail, daté du 12 janvier 2026. Le ministre rappelle que « les dates du 16 et du 17 janvier 2026, dédiées respectivement à la commémoration des mémoires des héros nationaux Laurent Désiré Kabila et Patrice Émery Lumumba, sont des jours fériés en République Démocratique du Congo », conformément à l’ordonnance n°23-042 du 30 mars 2023.
Toutefois, « étant donné que la journée du 17 janvier 2026 coïncide avec un samedi, ce jour férié est reporté au lundi 19 janvier 2026 qui, mêmement que le vendredi 16 janvier 2026, est déclaré chômé et payé sur toute l’étendue de la République ».
Jean-Baptiste Leni