La finalisation de la création d’une zone économique spéciale (ZES) est un facteur clé pour la transformation locale du cobalt en République démocratique du Congo (RDC). C’est ce que révèle l’ONG Resource Matters dans son livre blanc sur la transformation locale des minerais tels que le cuivre, le cobalt et le lithium en sol congolais avant leur exportation.
Citant une étude de Bloomberg New Energy Finance, Resource Matters estime que ladite étude mérite d’être actualisée pour y inclure notamment une étude de faisabilité complète sur la création de zones économiques spéciales, un cadre incitatif clair comprenant la fiscalité, la douane et l’énergie, une gouvernance efficace de la ZES ainsi qu’une stratégie de transfert des compétences.
« L’étude Bloomberg NEF contient des hypothèses qui ne sont pas nécessairement réunies à l’heure actuelle et qui bénéficieraient d’une actualisation compte tenu de la baisse des cours du cobalt. L’étude de préfaisabilité réalisée par ARISE devrait être complétée par une étude de faisabilité complète suivie d’un plan d’action tangible », peut-on lire dans le livre blanc de Resource Matters publié en décembre 2025.
La création d’une ZES est l’une des plusieurs mesures que le gouvernement de la RDC devrait mettre en place afin de créer de la valeur ajoutée pour ses minerais stratégiques. Parmi les autres mesures citées par Resource Matters figurent notamment l’intégration de la transformation locale comme critère dans le système des quotas d’exportation, la réservation d’une partie de la production de minerais à l’industrie locale avant l’exportation, l’application stricte du code minier de 2018, le partenariat avec des entreprises étatiques ainsi qu’avec les pays de la sous-région.
Le gouvernement de la RDC s’est engagé depuis quelques années à créer des zones économiques spéciales à travers le pays. Lors de la 76ᵉ réunion du conseil des ministres, ce vendredi 2 janvier 2026, la Première ministre a présenté au gouvernement un bilan des avancées et des contraintes dans la mise en œuvre de ces ZES. Les difficultés qu’elle a évoquées sont notamment « liées à la fiscalité, à l’accès à l’énergie, aux questions foncières, aux infrastructures et au financement ».
Avec ses experts, Judith Suminwa estime qu’il est important de procéder à la rationalisation du régime fiscal et douanier, à la mobilisation de mécanismes innovants de financement, à l’étude création d’un fonds d’investissement dédié aux ZES, à l’ouverture du capital à de nouveaux aménageurs et au renforcement de la coordination intersectorielle, afin de parvenir à la mise en place effective des ZES.