Kinshasa : 4 ans après, la commercialisation des sachets en plastique se poursuit malgré l'interdiction

Poubelles de Kinshasa, Ph. Droits tiers.
PAR Deskeco - 20 jan 2021 13:29, Dans Actualités

L'ancien Premier ministre Bruno Tshibala avait signé, le 30 décembre 2017, un décret interdisant la production, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des sacs, sachets et autres emballages en plastique sur toute l'étendue du territoire national. Un moratoire de six mois avait été accordé notamment pour permettre aux opérateurs économiques d’écouler leurs stocks.

À l'époque, Joseph Kapika, ministre de l’Économie au sein du gouvernement Tshibala, avait promis des sanctions contre les opérateurs économiques qui oseraient aller à l’encontre de la décision du gouvernement interdisant l’utilisation et la commercialisation des sachets et autres matières en plastique. 

A son tour, le Gouverneur de la ville province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, avait interdit, à travers un communiqué publié le 28 février 2020, l'usage et la détention des emballages plastiques « non biodégradables » sur toute l'étendue de la capitale congolaise dans le cadre de l'opération Kinshasa Bopeto qui vise à assainir la ville.

« Désormais, l'utilisation et la détention des sachets plastiques non biodégradables est interdite de la ville de Kinshasa. Toutefois, ne sont pas visés, le sachets plastiques à usage médical, aux activités agricoles et au ramassage des déchets », faisait remarquer ledit communiqué.

Une amende allant de 10.000 FC à 50.000 FC était fixée contre tous les récidivistes.

Qu'en est-il de la réalité sur terrain, 4 ans après ?

Sur terrain à Kinshasa, DESKECO constate que l’arrêté de l’ancien premier ministre Tshibala n’est pas appliqué encore moins la décision du gouverneur Ngobila. Les usines de fabrication de ces emballages en plastique non-biodégradable continuent de tourner en toute quiétude. 

Seuls, certains supermarchés de Kinshasa utilisent jusque-là des emballages biodégradables pour servir les clients. Certains ont produit des emballages en papier et en tissus biodégrables qu’ils facturent à 200 FC, en remplacement des sachets.

Entretemps, la commercialisation des sachets en plastique, l’utilisation des sachets comme emballages dans les différentes transactions, ainsi que la production d’eau en sachet, se portent bien à Kinshasa.

Bijoux Kiala, une vendeuse des poissons fumés au quartier 1, dans la commune de N'djili affirme être au courant de la mesure interdisant l'utilisation des sachets en plastique. Mais elle soutient que ce sont les clients qui exigent que la nourriture leur soit livrée dans des sachets en plastique.

« C’est impossible de ne pas utiliser le sachet. Parce que par exemple, pour nous qui vendons la nourriture, je ne vois pas quel type d'emballage utilisé. Lorsqu'un client achète, mains vides, et que je lui donne en mains il réclame le sachet. Sans les sachets, je ne saurai vendre", explique cette dame.

D'autres personnes interrogées espéraient que le gouvernement proposerait une solution alternative pendant les transactions dans les petits commerces.

Tout visiteur qui débarque à Kinshasa pour la première fois, est frappé par le paradoxe entre cette ville que les musiciens congolais ont rendu idyllique au-delà des frontières nationales et la présence des immondices caractérisés par des sachets en plastique qui rongent çà et là.

Les autorités de la capitale de la République démocratique du Congo éprouvent beaucoup de difficultés à gérer les déchets plastiques dans la ville. Ces déchets plastiques se mêlent aux immondices, obstruent les caniveaux et gênent énormément la circulation des eaux usées. Comme conséquence, la moindre petite pluie sur la ville de Kinshasa rend les rues impraticables à la circulation des véhicules, les caniveaux et les égouts étant remplis et déversant le surplus d'eau sur les voies. 

Jordan MAYENIKINI

 

 

 
 

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