RDC : Moïse Ekanga met au défi Jolino Makelele de présenter un projet meilleur que le « Contrat Chinois » (mise au point)

Jolino Makelele
PAR Deskeco - 10 sep 2020, Dans Mines

Le ministre de la Communication et Médias, Jolino Makele (photo), a affirmé, lors de sa conférence de presse du 27 août sur l’AN 1 du gouvernement Ilunkamba, que la Convention de collaboration signée le 22 avril 2008 entre la RDC et le Groupement des entreprises chinois (GEC) relative au développement d’un projet minier et d’un projet d’infrastructures d’une « grande catastrophe contractuelle » que le pays ait connue et qu’il fallait la « remettre sur la table) pour des nouvelles négociations.

Face à cette déclaration, le Bureau de coordination et de suivi du Programme sino-congolais (BCPSC), dirigé depuis toujours par Moïse Ekanga aujourd’hui sénateur, a fait une mise au point balayant d’un revers de la main les allégations du porte-parole du gouvernement qu’il trouve « graves » et nuisibles aux partenaires Chinois.

Tout en mettant au défi le porte-parole du gouvernement de présenter un projet signé par la RDC dans le secteur minier qui soit meilleur que cette convention sino-congolaise de 2008, la Cellule de communication du BCPSC soutient que ce modèle de partenariat a été encensé aussi bien par le Centre Carter, dans une étude, que par la Banque mondiale qui l’a recommandé aux autres pays africains.

« Le plus grand partenariat que la Gécamines avait signé avant SICOMINES c’était avec TFM où sa participation était de 12%. C’est la joint-venture sino-congolaise des mines (SICOMINES) qui a permis qu’on passe à la révisitation des anciens contrats, parce qu’il a été constaté que la République n’avait pas trouvé son compte. Et c’est à partir de cette révisitation que la Gécamines a pu voir sa participation dans d’autres partenariats relevée », a martelé la Cellule de communication Bureau de coordination et de suivi du Programme sino-congolais dans sa mise au point.

Notons que dans la joint-venture SICOMINES, la partie chinoise a 68% des parts et la RDC, à travers la Gécamines, a 32% des parts. Si le projet d’infrastructure a démarré depuis 2009 et est exécuté par l’Agence des grands travaux, le projet minier lui est entré au stade de production qu’en 2016. Et depuis la SICOMINES enregistre des bénéfices. « En 2016, le bénéfice a flirté avec les 100 millions de dollars. On a triplé ce chiffre en 2017, et on a atteint les 400 millions de dollars de bénéfices en 2018 et 2019 », avait confié Moïse Ekanga dans une interview accordé en oût 2020 au média Belge La Libre Afrique.

Dans l’actif du projet des infrastructures, il y a plusieurs ouvrages notamment l’agrandissement du boulevard du 30 juin à Kinshasa, l’agrandissement du boulevard Lumumba de Kinshasa, l’hôpital du Cinquantenaire, et bien d’autres projets déjà réalisés par l’Agence des grands travaux.

Le service de communication du BCPSC recommande même le Parlement d’inviter le ministre de la Communication et médias « à proposer un autre modèle de partenariat meilleur que celui négocié avec la partie chinoise, étant donné que ses graves allégations jettent un discrédit sur le programme et porte un coup dur sur l’image des partenaires ».

Il sied de signaler que le Contrat Chinois a été arrêté finalement à 6,6 milliards USD dont 3 milliards USD pour les infrastructures et 3,6 milliards USD pour le projet minier. A ce jour, selon Moïse Ekanga, 900 millions USD ont été investis dans les infrastructures et 1,8 milliard USD dans le projet minier notamment avec la SICOMINES.

Amédée Mwarabu

 
 

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