Plusieurs drames miniers ont été enregistrés en République démocratique du Congo entre 2025 et mars 2026, principalement dans les sites d’exploitation artisanale. Les provinces du Nord-Kivu et du Lualaba figurent parmi les plus touchées. Ces catastrophes sont souvent attribuées à une exploitation artisanale non encadrée, une instabilité des sols et de fortes pluies dans des zones où les normes de sécurité sont quasi inexistantes.
Juin 2025 : un premier drame majeur à Rubaya
En juin 2025, un important éboulement frappe un site minier artisanal de Rubaya, dans le territoire de Masisi. Selon des sources locales relayées par des médias congolais, notamment actualite.cd, la catastrophe fait plus de 700 morts parmi les exploitants artisanaux. Plusieurs victimes restent ensevelies dans les galeries effondrées.
Ce drame illustre déjà la dangerosité des mines artisanales dans cette zone riche en coltan, un minerai stratégique utilisé dans l’industrie électronique.
Novembre 2025 : plus de 30 morts dans un accident minier au Lualaba
Le 15 novembre 2025, un accident survient dans la province du Lualaba, près du site minier de Mulondo. Un pont artisanal utilisé par des creuseurs s’effondre, provoquant la mort d’au moins 32 personnes.
Les autorités évoquent notamment la surpopulation dans les sites miniers artisanaux, la fragilité des infrastructures, ainsi que l’exploitation clandestine dans certaines zones.
Mesures prises par le gouvernement
À la suite de ce drame, le ministère congolais des Mines avait notamment annoncé la suspension de certaines activités artisanales, l’identification de nouvelles zones d’exploitation artisanale encadrées, et un renforcement de l’encadrement des creuseurs par le Service d'assistance et d'encadrement de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle.
Février 2026 : un effondrement fait au moins 200 morts à Rubaya
Au début de février 2026, un nouvel effondrement frappe la zone minière de Rubaya. Le gouvernement congolais annonce au moins 200 morts dans cette catastrophe. Cependant, la société civile de Masisi affirme que le bilan réel serait beaucoup plus lourd, évoquant plus de 400 morts, plusieurs creuseurs restant ensevelis dans les galeries effondrées.
Causes avancées
Plusieurs facteurs sont évoqués : fortes pluies ayant fragilisé le sol, galeries creusées de manière artisanale, absence d’encadrement technique, et forte affluence de creuseurs dans les puits d’exploitation.
3 mars 2026 : un nouveau glissement de terrain meurtrier à Rubaya
Le 3 mars 2026, un autre glissement de terrain frappe à nouveau les sites miniers de Rubaya. Selon le ministère des Mines, plus de 200 personnes trouvent la mort dans cette catastrophe, parmi lesquelles 70 enfants présents dans la zone d’exploitation.
7 mars 2026 : un nouvel éboulement signalé toujours à Rubaya
Le 7 mars 2026, un autre éboulement est signalé dans le site minier de Gakombe, toujours à Rubaya. Plusieurs creuseurs artisanaux auraient été ensevelis par le glissement de terrain. Aucun bilan officiel n’était encore disponible, mais des sources locales font état de plusieurs morts.
La région de Rubaya, riche en coltan, se trouve également au cœur d’une situation sécuritaire complexe. La zone est en grande partie sous l’influence du mouvement rebelle M23, qui contrôle plusieurs localités du territoire de Masisi.
Selon plusieurs rapports et enquêtes médiatiques, l’exploitation du coltan dans cette région alimente les circuits économiques des groupes armés, avec des minerais qui transiteraient vers le Rwanda. Dans ce contexte, l’État congolais a déclaré certaines zones minières de Rubaya “zones rouges”, reconnaissant la dangerosité du site et l’impossibilité d’y garantir la sécurité. Toutefois, le contrôle effectif de l’État reste très limité dans cette région.
Il faut rappeler que cette chronologie ne renferme que de grands éboulements causant d'énormes bilans. Toutefois, d'autres se sont également déroulés, dont le bilan humain est comparativement minable. C'est par exemple, le cas de l'éboulement intervenu sur le site minier artisanal de Tilwizembe, près de Kolwezi, ayant fait 11 morts et 6 blessés dans la nuit du 6 au 7 février 2026. En décembre 2025, il y a eu également d'autres incidents miniers signalés dans la région minière du Grand Katanga, dont un éboulement à Kisankala (territoire de Mutshatsha) qui a fait au moins 3 morts selon des sources de la société civile.
Ces catastrophes successives illustrent les risques élevés de l’exploitation minière artisanale en RDC. Des milliers de creuseurs travaillent dans des conditions précaires, souvent sans encadrement technique ni normes de sécurité, dans des puits instables creusés à la main.
Entre juin 2025 et mars 2026, les différents éboulements survenus dans les mines artisanales ont ainsi causé plusieurs centaines de morts, confirmant la vulnérabilité persistante de ce secteur stratégique de l’économie congolaise.
Jean-Baptiste Leni