Covid-19 : le gouvernement Congolais réagit tandis que les autres répondent à la crise (Tribune de Jo Sekimonyo)

JO sekimonyo
PAR Deskeco - 25 mar 2020, Dans Analyses

Aujourd’hui, dans les pays développés, les partisans de John Maynard Keynes et de Friedrich August Hayek n'osent pas s’indigner par le fait que les idéologies économiques sont démesurément soumises aux ambitions des politiciens. Ceux qui est aussi à révéler, faisant face des risques énormes économiques, la façade du marché libre s’écroule pour laisser place au honteux socialisme sous couvert Keynésien. Personne ne semble avoir le courage de s'opposer à l’avalanche des dépenses publiques lancées par et pour les nations riches pour sauvegarder la colonne vertébrale de leur monde ; les petites et moyennes entreprises.

Les plans d’accompagnement pour minimiser les dommages économiques illustrent la sauvagerie capitaliste et politique des pays développés envers les tiers-mondistes.

Au cours des dernières semaines, les gouvernements de la meilleure partie du globe ont pris des mesures qui auraient été jugées folles ou voir même grotesques si le tiers-monde se proposait en premier ces menus économiques enfin de protéger des vies et des moyens de subsistance de leurs citoyens.

Le gouvernement allemand parle de 1100 milliards de dollars de crédit aux entreprises de toutes tailles. L'Espagne a annoncé pour 219 milliards de dollars de mesures pour aider les petites entreprises et protéger les travailleurs. Le Portugal a dévoilé un plan de relance de 10 milliards de dollars qui comprend des crédits soutenus par l'État pour aider les petites et moyennes entreprises. La France a promis un plan d'aide de 50 milliards de dollars pour les petites entreprises en plus des dizaines de milliards déjà promis aux travailleurs français contraints d'arrêter de travailler en raison de nouvelles mesures de quarantaine strictes. Le Royaume-Uni offre également des prêts soutenus par l'État d'une valeur de 400 milliards de dollars aux entreprises affectées par la paralysie économique soudaine causée par l'auto-quarantaine.

L'administration du président américain Donald Trump parle d’un plan de relance pouvant atteindre 1 000 de dollars dont 250 milliards de dollars pour les petites entreprises. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a dévoilé un plan de relance de l'aide d'une valeur de 56,4 milliards de dollars américains pour soutenir les entreprises et offrir des allégements fiscaux temporaires. L'Australie a annoncé un plan de relance budgétaire d'une valeur de 11 milliards de dollars pour sauver des emplois d'apprentis et soutenir les petites et moyennes entreprises. La Turquie a déclaré qu'elle déploierait un plan de relance d'une valeur de 15,4 milliards de dollars pour soutenir les entreprises, réduire la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

La chanson est partout ailleurs la même : il faut sauver les petites et moyennes entreprises affectées par la paralysie économique soudaine causée par la pandémie coronavirus et l'auto-quarantaine ou forcée que celle-ci génère.

Alors que d'autres pays déploient des plans d'urgence pour sauver leur économie, que faisons-nous ? Les pays riches ne sont pas à blâmer pour notre approche en demi-tasse pour prévenir une catastrophe sociale et économique. La RDC n’ayant jamais tracé une idéologie politique et économique moderne propre à nous, semble avoir misé sur la quarantaine forcée tout en tergiversant sur les mesures sociale et économique à élaborer.

Des pistes pour que la RDC prenne la bonne direction

Il faudrait examiner la voie tracée par le Brésil pour faire face au coronavirus et la sérénité dans les mesures des pays riches. Pour tous, en majeur partie, il ne s'agit pas de distribuer de l'argent du coffre-fort de l'État, mais de sacrifier de l'argent que l'État prévoyait de collecter à l'avenir. Pour inciter le gouvernement à faire un pas dans la bonne direction, voici quelques-unes des mesures qui réduiront les recettes fiscales de l'État qui sont déjà ridicule car les citoyens ont en moyenne un revenu dérisoire, mais devraient être prises pour rassurer la stratosphère la plus cruciale de notre société qui sera la plus touchée par COVID-19, les petites et moyennes entreprises.

L'ANAPI devrait faciliter l'administration des petites et moyennes entreprises à obtenir des exonérations fiscales pour toute importation ou exportation. Comme le président a ordonné de limiter le nombre de passagers dans les transports publics, la taxe sur l'essence devrait être réduite de moitié pour faciliter la période de transition. Dans le secteur de l'aviation, il est clair que les trafics aériens nationaux tout comme internationaux doivent être interrompus pendant un certain temps.

De plus, nous sommes bien conscients que les prix des tarifs sont exorbitants par rapport à d'autres destinations en raison de l'empilement des taxes nationales et locales. Des mesures doivent être déjà élaborées pour d’éliminer les nombreuses taxes afin de réduire les prix des vols. Par conséquent, les compagnies aériennes puissent proposer des tarifs abordables avec de meilleurs services. En bref, l’exercice est de s’attaquer à réduire ou exempter de redevances les secteurs comme l’hôtellerie, les hôpitaux, etc… 

Au lieu de simplement réagir, nous devons répondre à COVID-19 d'une manière qui se concentre sur des solutions aux coups économiques prévisibles pour notre nation.

Nous devons déjà réfléchir et débattre de ce que nous voulons en tant que nation une fois que nous sortons de cette crise: remettons-nous simplement les recettes coloniales après la défaite du coronavirus, ou saisissons-nous cette occasion pour construire une société axée sur la modernisation de notre société et des mécanismes économiques, ciblant la créativité plutôt que la rationalisation ou la productivité, et face à la menace de la crise climatique et ses implications socioéconomiques qui nous guette toujours ?

Des milliards de dollars ont été mis de côté dans le budget national pour l'investissement. Étant donné que certains des fantasmes fiscaux ont fini par faire face aux faits réels, ce montant a été réduit à environ 500 millions de dollars. Néanmoins, nous devons injecter un cinquième du montant, 100 millions de dollars dans le mois qui suit l'arrêt des chocs sociaux et économiques de la pandémie de coronavirus. Il s'agit davantage de savoir comment encaisser dans les veines économiques nationales quelque chose d'autre qui donnera des résultats positifs. Le FPI doit être redéfini en son cœur pour venir au secours des PME au-delà du secteur agricole. Au lieu de donner des millions de dollars à une personne bien connectée, les institutions devraient réduire le risque en limitant le montant maximal des prêts à 10 000 de dollars avec une durée maximale de location de 5 ans.

Le coronavirus devrait être une opportunité pour la RDC de trouver un antidote contre les puissants poisons dans nos veines sociales qui désorientent toute la nation et stoppent le développement économique national tout comme régional.

Comme dans tout pays du tiers monde, le manque de sens de la méritocratie dans le processus d'embauche a fait de la fonction publique un droit et non un privilège. Le manque flagrant de professionnalisme dans ce qui aurait dû être un noble appel à servir la nation, la police. La notion de protection d'une personne en danger a été diluée en fonction de la situation financière de la victime. En outre, la définition de la protection des individus et de leurs produits a réduit les agents de maintien de l’ordre en chien de garde féroce pour les personnalités publiques et la sécurité des banques et magasins étrangers.

Et enfin la presse, quatrième pouvoir, continue de renforcer l'emprise sur la conscience nationale par la classe des "évolués" en se référant aux experts voleurs et leurs apprentis sorciers sur les questions nationales, dangereusement en période comme celle-ci dans laquelle la masse des pauvres se voit lancer un défi de désamorcer une bombe déclenchée par les nouveaux fortunés. Ce faisant, les mêmes vilains sont recyclés dans le système où les mêmes pratiques nauséabondes sont soutenues comme étant une tradition.

Jo Sekimonyo

 
 

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