RDC : Préparation d'un rapport sur l'état de la mise en œuvre des exigences environnementales et sociales dans le secteur minier

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PAR Deskeco - 15 nov 2019, Dans Actualités

Depuis jeudi à Kinshasa, des acteurs de la Société civile sont réunis à l’initiative de la « Coalition publiez ce que vous payez » (PCQVP) en vue d’améliorer, enrichir et adopter son rapport de l’enquête sur le niveau de la domestication des exigences environnementales et sociales de la Vision minière africaine (VMA). Ce rapport a été présenté aux participants pour qu’ils apportent également leurs recommandations. Ces travaux ont lieu jusqu'à ce samedi 16 novembre 2019.

Dans son interview accordée à la presse à l’issue des travaux de premier jour, le coordonnateur national de la coalition PCQVP, Me Jean-Claude Katende, a indiqué que « L’activité d’aujourd’hui a porté sur la Vision minière africaine (VMA). Ce qui veut dire que dans cette VMA, les Chefs d’Etat africains nous donnent leur manière de voir le secteur minier. Cette manière de voir le secteur minier va dans le sens de l’intégration du secteur minier dans l’économie nationale. En d’autres termes, le secteur minier doit-être non seulement un secteur qui est maitrisé par l’effet de la connaissance, pas seulement un secteur qui contribue à la croissance générale, mais il doit être un secteur qui favorise la diversification de l’économie nationale. C’est-à-dire, l’argent généré par le secteur minier peut servir par exemple à développer le tourisme, l’agriculture, et d’autres secteurs de la vie nationale pour que toutes les parties prenantes, l’entreprise, le gouvernement et les communautés locales, puissent être satisfaites du secteur minier ».

Et il ajouté que « La vision minière africaine a été adoptée par les Chefs d’Etat de l’Union africaine en 2009, aujourd’hui, 10 ans après, il faut en faire l’évaluation. Et quand on fait l’évaluation en rapport avec les questions environnementales et sociales, on peut constater effectivement que la République démocratique du Congo a déjà réalisé 83 % de ce qui est attendu d’elle. C’est une satisfaction mais il y a encore des choses qui n’ont pas été faites et des choses qui viendront ». 

Il a aussi expliqué que « Le rapport sur les exigences environnementales et sociales a insisté d’abord sur la délocalisation des communautés locales. Cette délocalisation doit-être humaine et doit pouvoir conduire à des indemnisations qui permettent aux communautés d’aller de l’avant. En même temps aussi on a abordé la question liée à des mesures qui doivent être prises parce que le secteur minier c’est un secteur qui utilise beaucoup d’intrants qui peuvent être à la base des maladies. Et pour ça, il faut que des mesures soient prises pour que les travailleurs et les communautés soient protégés contre les maladies et puissent avoir droit aux soins de santé ».

Signalons que pour la première journée de cet atelier, il était d’abord question pour les participants de s’imprégner de la Vision minière africaine et des résultats de l’enquête sur cette VMA en Rdc. Après des échanges sur la synthèse du rapport, ils ont suivi les commentaires des personnes ressources sur le rapport et les recommandations.

Avant de terminer, des préoccupations soulevées par les participants ont trouvé des réponses appropriées données par les intervenants, et leurs observations comme commentaires ont été pris en compte, lesquels seront donc considérés avant la publication du rapport.

Pour la journée de ce vendredi, les participants vont se focaliser sur l’amélioration du rapport de l’enquête, en relevant des forces et faiblesses. Puis il y aura la mise en commun des travaux en groupes, l’identification des principales recommandations et des enrichissements du rapport.

Le dernier jour sera marqué par l’appropriation et adoption du rapport par les participants, et la clôture de l’atelier par le coordonnateur de la Coalition publiez ce que vous payez, Me Jean-Claude Katende. 

« Le travail qui a été fait par la « Coalition publiez ce que vous payez » c’est un travail de voir quel est l’état de la mise en œuvre de la Vision minière africaine en République démocratique du Congo. Et ce travail a consisté à voir dans les lois de la Rd Congo, notamment le Code minier, le Règlement minier, le Code du travail, comment on a intégré la Vision minière africaine dans tous ces documents », a-t-il en outre souligné dans son interview. 

Il a fustigé que les lois congolaises peinent pour leur mise en application. « La Rd Congo est un pays qui a beaucoup de lois, mais ces lois ne sont pas mises en œuvre. C’est ça la grande problématique. Ces lois ne sont pas mises en œuvre à cause du manque d’engagement politique. Parce que l’engagement politique est très important dans le cadre de la mise en œuvre des lois. Il faut noter aussi le manque des capacités de certains agents de l’Etat qui doivent, non seulement exécuter ces lois, mais aussi surveiller leur mise en œuvre par les entreprises comme par les autres parties prenantes. Mais il faut aussi dire que les salaires ne sont pas toujours intéressants pour pouvoir engager les gens à améliorer leurs interventions ou leur travail dans le cadre du secteur minier », a-t-il déclaré à la presse.

Lepetit Baende     

 

 

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