Nécessité de créer un Fonds de promotion de l'énergie électrique en appui au FPI (Tribune)

PAR Deskeco - 22 fév 2019, Dans Actualités

La RDC a un taux de desserte d’électricité d’environ 9%. Cela signifie que 91% du territoire congolais n’utilise pas l'électricité comme source d’énergie. La conséquence est tout simplement le ralentissement  de l'industrialisation dans le pays. Dans ces conditions, aucun développement soutenable n'est envisageable dans notre pays. Si les dirigeants ne font pas de la question énergétique leur priorité absolue, rien de bon ne se fera dans les prochaines années.

Avec une puissance installée d’environ 2400 MW au barrage d'Inga alors que la demande réelle actuelle est au-delà de 5000 MW, on est dans une balance énergétique déficitaire. Pourtant, le pays a énormément besoin des industries pour transformer ses immenses potentialités.

Dès lors, il y a lieu de se demander de l'efficacité du FPI (Fonds pour la promotion de l’industrie). Comment cette institution peut promouvoir l'industrie dans un pays où la balance énergétique est  déficitaire ? Pire, certaines industries, même celles qui ont bénéficié de financement du FPI, ont d'énormes difficultés pour fonctionner à cause du manque de l'électricité. Dans ce cas de figure, les industries qui ont été financées par le FPI ne seraient pas en mesure même de rembourser leur crédit faute du déficit dans la fourniture de l'électricité.

D’où, il faut réformer  au plutôt le FPI pour sécuriser les investissements publics du reste financés par l'argent des contribuables congolais. Pour réformer  le FPI, il faut tout d’abord comprendre sa source de financement. Le FPI perçoit la Taxe sur la promotion de l’industrie dite TPI qui vaut 2 % sur tout article importé en RDC. C'est un montant important au regard du volume des importations en RDC. Le but principal du FPI étant d’inverser la tendance des importations en promouvant des industries qui vont produire localement les articles dont les congolais ont besoin.

Cependant, on sait tous que le FPI a accordé de financement à certains opérateurs insolvables. Même ceux-ci justifient leur insolvabilité par le manque de l'électricité qui serait la cause principale.

Nous pensons donc qu'il y a nécessité de réformer  le FPI. La réforme doit consister à créer à côté du FPI une autre institution de promotion de l'énergie électrique qu'on denommerzit le FPE (Fond pour la promotion de l’énergie électrique). Il s'avère logique de promouvoir d'abord des projets de production d'énergie électrique qui viendront en appui aux autres projets industriels. Ainsi, partager la taxe TPI, prélevée par le FPI, en deux (50/50) va créer un équilibre entre les industries naissantes et la demande en énergie. Cette mesure permettra de protéger aussi le FPI contre des motifs de non-paiement faute d'électricité.  Elle permettra de soutenir les projets du FPI tant dans les villes que dans les milieux ruraux en promouvant notamment le mix énergétique et en encourageant l’industrialisation rurale. Tout aussi, cette mesure permettra de donner du tonus au renflouement des fonds dans l’assiette fiscale.

Par : Dr. Ir. Teddy LWAMBA,

Spécialiste en valorisation énergétique et chercheur à SEL?NUS UN?VERS?TY Ragusa  Italie et Girne American University à Chypre.

Idée complète présentée dans son livre, les « Les Maux de la RDC, Les pistes de solutions ». https://www.amazon.ca/maux-RD-Congo-French-ebook/dp/B07J3QM58G

 
 

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