Le ministre honoraire de l'agriculture Vahamwiti qualifie de "gros mensonge" les allégations de l'APNAC-RDC et LICOCO sur le détournement de fonds de la campagne agricole 2012-2014

PAR Deskeco - 05 aoû 2019, Dans Actualités

J’ai découvert dans les réseaux sociaux un tract sans signature émanant des deux organisations ci-haut épinglées intitulé “ LICOCO et APNAC-RDC, qui lancent une campagne anti- corruption, et sollicitent à chacun de justifier l’utilisation des fonds alloués aux projets financés par l’Etat Congolais“.

Dans ce tract , non signé, figure a première page ma photo. Il est dit que je suis parmi ceux qui ont détourné plus de 70 millions de dollars destinés aux campagnes agricoles de 2012 à 2014. Certes, j’ai besoin d’être célèbre, mais je n’ai mandaté personne quant à faire ma promotion sur des sujets creux.

Et si je dois le devenir c’est par le chemin de l’intégrité, la méritocratie et le respect de la dignité des autres congolais et aussi par l’amour du travail. Trois vertus que j’adore et j'inculque à d’autres générations.

Bien plus, de 2012 à 2019, je n’ai jamais été abordé par la LICOCO ou par l’ APNAC pour s’enquérir de la gestion des campagnes agricoles, une approche innovatrice que j’ai injectée au Ministère de l’agriculture pour rapprocher les actions du gouvernement aux véritables producteurs agricoles dans les provinces de notre pays.

Par ailleurs, de 2015 à 2019 j’étais assis côte à côte au Palais du Peuple avec le président de l’APNAC, Hon Pasi za Pamba. Pendant ces 5 années depuis que j’ai quitté le gouvernement il ne m’a jamais posé une question sur les campagnes agricoles. Il en est de même de Mbararo de LICOCO, une connaissance de longue date.

Pourquoi alors, ces deux organisations ont elles confectionné ce document manifestement destiné à nuire à moi même et à toutes les autres personnalités citées dans le document ? Ce tract, diffamatoire, heureusement maladroit et muet, suscite les interrogations pertinentes suivantes :

1) pourquoi ce document est il publié à ce début du mois d'Août 2019 pour des actions gouvernementales de 2012-2014, 7 ans après ?

2) sur base de quels critères les 13 projets dans ce document ont ils été échantillonnés ? 3) pourquoi le document ne vise que certains des ministres les plus dynamiques du gouvernement Matata 1 remanié en Décembre 2014?

4) Pourquoi les deux organisations ne ciblent aucun projet entre 2015-2019 comme pour dire que la corruption a disparu en RDC après le gouvernement Matata 1?

5) pourquoi ces deux organisations travaillent de façon non professionnelles en évitant de prendre de façon absolue de s’informer auprès des personnes concernées ?

Certes, il est d’usage qu’un homme d’Etat comme un ministre se couvre de discrétion et de droit de réserve. Mais comme ces deux organisations utilisent des méthodes populistes et diffamatoires, je saisis cette occasion d’or à travers votre site d’intérêt national, pour expliquer à l’opinion publique le processus de gestion des projets agricoles le temps que je fus Ministre de l’Agriculture et développement rural.

La gestion repose sur les sept principes suivants: 

1) le ministère de l’agriculture était chargé de la conception, du suivi et de l’évaluation des programmes: fonctions techniques ; 

2) le transfert des fonds aux bénéficiaires des projets revenait au Ministère des Finances. Aucun dollar, alors aucun, n’a transité par le Ministère de l’agriculture qui n’ a jamais eu de compte bancaire pendant les 31 mois de mon mandat de ministre. Donc, je n’ai jamais signé sur un document bancaire ou financier; 

3) la passation des marchés était confiée au BCECO de même que la fonction fiduciaire (gardien des fonds) pour la campagne agricole 2012-2013, alors que pour celle de 2013-2014 le ministère des finances a joué ce rôle ; 

4) la sélection des structures prestataires et bénéficiaires de matériel était faite en provinces par les gouvernements provinciaux, décentralisation oblige ; 

5) les transferts des fonds aux prestataires étaient faits directement dans leurs comptes en provinces par BCECO et/ou le Ministère des finances conformément aux contrats – programmes agricoles des provinces approuvés par le gouvernement. Face à cette séparation des pouvoirs dans la gestion moderne des campagnes agricoles et à cette procédure transparente, par quelle magie pouvais-je accéder aux fonds pour les détourner ? Par contre, il est connu de tous que j’ai eu quelques ennuis avec certains gouverneurs des provinces pour avoir assuré un suivi rigoureux des fonds des campagnes agricoles; 

6) les projets financés par les partenaires bi et multilatéraux étaient directement gérés par une unité de gestion du projet (UGP) dont les responsables étaient recrutés par test. Ni le ministre ni les secrétaires généraux n’étaient signataires ni gestionnaires de ces projets ; 

7) les projets d’agri business New DAIPN et Bukanga Lonzo étaient gérés comme des entreprises commerciales publiques avec autonomie administrative et financière vis à vis du Ministère de l’Agriculture.

Conformément aux lois de 2008 sur les Entreprises Publiques, les entreprises commerciales publiques ne sont soumises à aucune tutelle technique et sont censées répondre au Ministère du Portefeuille. Les financements de ces deux sociétés étaient eux aussi transférés directement du Ministère des finances vers leurs comptes bancaires .

Voila, le gros mensonge de ces deux organisations probablement instrumentalisées : Sur 70 millions de dollars américains des campagnes agricoles détournés. Par manque de professionnalisme, elles s’adonnent au sensationnel comme cela devient de plus la mode dans certaines organisations kinoises pour se faire une fausse notoriété. Les deux campagnes agricoles ont été financés pour

  1. 769. 838 $us en raison de 23. 030. 708 $us pour la campagne 2012-2013 et de 21. 739. 130 $us pour la campagne 2013-2014, le tout sur l’ensemble de ce très vaste pays. Ce qui fait une moyenne de 1. 721. 916. $us pour chacune des 26 provinces sur les 2 ans, ou encore mieux 861 000$ us/ province/ an.

En outre, il est dit dans ce même tract que du matériel agricole à été détourné. A mon arrivée au ministère, un projet de mécanisation agricole était en exécution depuis 2009. Il consistait entre autres à la disponibilisation des tracteurs auprès des acteurs agricoles. Un tableau élaboré avant mon arrivée au Ministère définissait le quota de chaque province. Les tracteurs réceptionnés pendant mon mandat ont été affectés aux provinces conformément à ce tableau et distribués sous la responsabilité des gouverneurs des provinces. Curieusement seules LICOCO et APNAC ne sont pas informées de ces opérations publiques. Bordereaux d’expédition et de réception en font foi.

En conclusion, c’est pendant que Vahamwiti jean Chrysostome est ministre de l’agriculture et développement rural qu’on a parlé des campagnes agricoles en RDC, avant et après lui cette approche responsabilisant les acteurs agricoles en province n’existe pas. C’est aussi pendant ces 31 mois que le budget agricole a atteint les structures agricoles et les autorités provinciales dans toutes nos provinces, à leur grande surprise. C’est pendant cette période qu’un ministre de l’agriculture a sillonné toutes les provinces pour discuter avec les acteurs agricoles. C’est pendant cette période que le gouvernement congolais a adopté le Programme National d'Investissement Agricole / PNIA 2013-2020 qui aurait constitué la première phase de l’émergence agricole de la RDC. Le PNIA est resté dans les tiroirs jusqu'à ce jour alors qu’il est le fruit de tous les partenaires nationaux et internationaux du secteur agricole congolais. Mon seul péché est d’avoir instauré des mécanismes transparents et modernes de gestion jusqu'à gêner même les organisations de lutte contre la corruption. En tant qu’économiste de développement, je sais que le développement, en général et économique en particulier, est un processus cumulatif et continu. Le secteur agricole dans tous les pays du monde nécessite des investissements intensifs et à long terme. Il n’a jamais été un secteur de spontanéité comme le secteur humanitaire.

Ce n’est donc pas en deux campagnes agricoles avec une moyenne de financement de 861. 000 $us /an / province qu’on peut relancer l’agriculture après un demi siècle d’abandon. C’est pourquoi, conformément à la Loi agricole de 2011 j’avais conçu le projet de décret du Fonds National de Développement Agricole/ Fonada lequel était déjà inscrit à l’ordre du jour du Conseil de Ministres en 2014 et qui n’a jamais été finalisé 5 ans après. La conséquence est l’absence totale d’un mécanisme permanent de financement de l’agriculture en RDC.

Ce document bref, vise à ternir intentionnellement l’image de certaines personnalités pour des raisons qu’on peut deviner à ce moment précis.

Ainsi, je demande expressément que ces deux organisations disponibilisent les preuves du détournement imaginaire des 70 millions de dollars endéans 48 heures et ce par la même voie des réseaux sociaux. Faute de quoi il sera retenu l’infraction de dénonciation calomnieuse à leur endroit tel que défini par le code pénal congolais. En effet, je n’ai rien à craindre ni à cacher. En tant qu’ancien acteur de la société civile et ancien parlementaire je ne peux accepter que des organisations supposées lutter contre la corruption travaillent de façon si légère et peut être mercantiliste jusqu’à donner l’impression à l’opinion publique qu’elles sont elles mêmes corrompues et à la solde des intérêts politiciens obscurs.

Je termine par ces adages populaires et par un engagement formel : 1) il n’y a qu’à un arbre qui porte des fruits qu’on jette des pierres ; 2) on ne cherche pas de pou sur une tête d’un chauve. Et si LICOCO et APNAC fournit une seule preuve irréfutable de détournement des fonds des campagnes agricoles 2012-2014 par le Ministre National de l’agriculture que je fus, je vais leur offrir mon retrait définitif de la scène politique congolaise. Que cela soit entendu.

Chrisostome Vahamwiti Mukesyayira, ministre honoraire de l'agriculture et développement rural (Mai 2012-décembre 2014).

 

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