RDC : les pesanteurs à la gestion durable des forêts perdurent

PAR Deskeco - 09 mar 2019 11:11, Dans Actualités

La République démocratique du Congo regorge d'immenses ressources forestières. 67% de la superficie de la RDC sont couverts des forêts, soit 155 millions d'hectares des forêts. Ce qui constitue à la fois un atout économique pour le pays mais aussi environnemental pour toute la planète.

Les forêts de la RDC constituent avec celles de l'Amazonie les deux poumons écologiques du monde. Ces écosystèmes jouent un rôle indispensable contre le réchauffement climatique de la planète.

Cependant, les forêts congolaises, plus de 60% du bassin du Congo, restent sous la menace de quatre pesanteurs: la déforestation liée à l'agriculture itinérante sur brûlis qui coûterait annuellement au pays jusqu'à 50 millions mètres cubes de bois; la déforestation liée à l'utilisation du bois comme énergie pour au moins 80% des ménages ;l'exploitation artisanale du bois qui est un secteur sans obligation ; l'exploitation industrielle désordonnée du bois.

Ces menaces causent un lourd tribut aux écosystèmes congolais qui, pourtant, ont la vocation d'être gérés durablement pour le bien-être des Congolais et de l'humanité toute entière.

"Les premières causes de la déforestation du bassin du Congo sont structurellement liées aux conséquences du retard de développement tant du tissu agricole que des infrastructures énergétiques et subsidiairement à un déficit de gouvernance et de contrôle sur l'exploitation industrielle et artisanale", notait le président de la Fédération des entreprises du Congo, Albert Yuma, lors de la cérémonie d'échange de vœux avec les opérateurs économiques de cette année.

Dès lors, l'action à mener pour préserver les forêts congolaises passerait par “la transformation de l'agriculture itinérante sur brûlis en une agriculture intensive et la sédentarisation des populations concernées, la fourniture suffisante de l'énergie électrique tant aux villes qu'aux villages du pays pour limiter l'usage du charbon de bois, le renforcement de la gouvernance forestière sur l'ensemble de la RDC”.

Jusqu'à ce jours, les actions tant du gouvernement congolais que des bailleurs de fonds qui financent des projets pour la préservation et la conservation de la nature en RDC ne s'attaquent pas efficacement à ces menaces. Pour preuve, le taux d'électrification de la RDC est encore à peine de 9%. De même, les pratiques culturales en RDC restent rudimentaires, l'agriculture itinérante sur brûlis. Tout comme, la gouvernance forestière demeure ultra-déficitaire. Ce qui favorise une exploitation abusive tant industrielle qu'artisanale.

La gestion durable des forêts de la République démocratique du Congo reste donc un challenge pour le nouveau président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Amédée MK

 
 

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