Explosion de la masse salariale en RDC: "Nous sommes en train de nous battre pour descendre davantage", rassure le VPM Liahu

De gauche à droite : le VPM de la Fonction publique et le ministre de la Communication.
De gauche à droite : le VPM de la Fonction publique et le ministre de la Communication.
PAR Deskeco - 19 mai 2026 11:49, Dans Finances

 

Pointé du doigt accusateur pour non-respect du ratio prévu pour les dépenses de rémunération, le gouvernement de la République démocratique du Congo est plus que déterminé à respecter cette-fois la marge de 35% voulue par le Fonds monétaire international (FMI). Pas plus tard que le lundi 18 mai 2026, le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, Modernisation de l’Administration et Innovation du Service public, Jean-Pierre Liahu Ebua, a rassuré les professionnels des médias réunis lors d'un breifing spécial organisé par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya : "C'est vrai qu'il y a eu l'alerte lancée par le ministre des Finances notamment pour 2025 et 2026. Et aujourd'hui, nous sommes en train de travailler pour que nous soyons toujours dans la marge voulue". 

Se montrant encore plus rassurant, le VPM Liahu a démontré, chiffres à l'appui, que le ratio masse salariale-PIB a évolué essentiellement en deçà de 5% pendant la période 2016-2025 : 

"Vous avez vu les efforts qui ont été déployés pour 2016 (5,5%), 2017 (3,6%), 2018 (3,4%), 2019 (4,2%), 2020 (4,8%), 2021 (4,7%), 2022 (4,4%), 2023 (4.3%), 2024 (4,2%) et puis 2025 (4.7%) et là, on s'approche de 5% en ce qui concerne l'évolution ratio-masse salariale PIB. Et aujourd'hui, nous sommes en train de nous battre pour justement descendre davantage". 

Le VPM a aussi fait noter la tendance baissière du ratio masse salariale-recettes courantes au cours des quatre dernières années :

"Avec une tendance baissière depuis 2016 allant de 56 %, le ratio masse salariale-recettes courantes a connu un pic en 2020, soit 62 % lors du choc COVID-19, avant de recommencer sa trajectoire baissière vers une moyenne de 36 % sur les quatre dernières années, avec un autre nouveau pic de 41% en 2025". Ce qui, selon lui, justifie l'audit diligenté par le président de la République, "notamment pour nous permettre de dénicher, en l'absence des recrutements au niveau de la Fonction publique, d'où vient l'explosion de la masse salariale qui a été remarquée. Je pense que bientôt, vous aurez des rapports suivis des recommandations, pour nous permettre de revenir à la normalité".

En vertu des engagements pris avec le FMI, le gouvernement devrait contenir la masse salariale à environ 35 % des recettes internes. De son côté, le CREFDL, se référant aux prévisions de rémunération dans le budget 2026, avait rappelé que les prévisions de rémunération pour l’année 2026 sont chiffrées à 5,4 milliards USD, pour un effectif de 1,5 million d’agents. Elles représentent 39,19 % des recettes internes à recouvrer, dont les assignations s’élèvent à 14,1 milliards de dollars américains. Cependant, avait prévenu l’organisation, les prévisions pour l’année 2026 font état d’un niveau de 39,19 %, ce qui constituerait un risque budgétaire. 

Pour sa part, la Première ministre, Judith Suminwa, avait également rassuré le FMI de la volonté ferme du gouvernement congolais "de maintenir le cap sur la mobilisation des ressources et la maîtrise des dépenses, y compris la masse salariale".

Reçue le jeudi 26 février 2026 à Kinshasa par la cheffe du gouvernement, la mission du FMI a été conduite par Régis O. N’sonde, administrateur du Groupe Afrique III de l'institution de Bretton Woods et son adjoint Jephté Kibidikila Nsumbu.

Bienvenu Ipan 

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