Kinshasa : Jean-Pierre Bemba échange avec une délégation américaine sur les opportunités de modernisation des voies de communication et la fluidification des échanges commerciaux dans le Corridor de Lobito

Photo d'illustration d'un train sur une voie ferroviaire
Photo d'illustration d'un train sur une voie ferroviaire
PAR Deskeco - 29 avr 2026 12:50, Dans Actualités

En RDC, les discussions avec les partenaires internationaux autour du Corridor de Lobito ne se sont pas arrêtées même si la question n'est plus d'actualité. Le mardi 28 avril 2026, le vice-Premier ministre chargé des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a reçu à Kinshasa une délégation du Bureau des Affaires africaines du Département d’État américain conduite par Ian J. McCary et le Senior Advisor Christopher A. Kulukundis.

Au centre des échanges, les perspectives d’investissements américains dans le secteur des transports en RDC, avec un intérêt particulier porté au corridor de Lobito, considéré aujourd’hui comme l’un des projets d’infrastructures les plus stratégiques de la région.

D'après le ministère du Transport, les discussions ont porté sur les opportunités de modernisation des voies de communication ainsi que sur le rôle que pourrait jouer le corridor dans la fluidification des échanges commerciaux entre la RDC et ses partenaires internationaux.

Cette rencontre intervient également dans un contexte où Kinshasa et Washington se sont fortement rapprochés. En décembre dernier un accord économique sur l'exploitation minière en RDC a été conclu entre les deux États. 

Pour Kinshasa, le corridor de Lobito dépasse désormais le simple cadre d’un projet ferroviaire. Les autorités congolaises veulent en faire un véritable levier de transformation économique, intégrant les routes, les plateformes logistiques, l’énergie, la fibre optique ainsi que les zones économiques spéciales. 

La première phase prioritaire vise notamment l’axe Dilolo–Kolwezi–Tenge, au cœur de la ceinture minière congolaise, mais la mise en œuvre du projet dure depuis son annonce. Washington affirmait, au début, mobiliser plus de 6 milliards USD pour sa relance. Actuellement, sous l'administration Trump, la question ne semble plus être d'actualité. 

Le projet suscite un intérêt croissant des partenaires occidentaux. Les États-Unis et l’Union européenne soutiennent activement cette initiative qui doit relier les régions minières du sud-est de la RDC au port angolais de Lobito, sur l’océan Atlantique, via le chemin de fer de Benguela. L’objectif est de faciliter l’exportation du cuivre et du cobalt congolais vers les marchés internationaux à travers une voie jugée plus rapide et plus compétitive.

Cette dynamique internationale s’est récemment renforcée avec l’annonce, par l’Italie, d’un financement de 320 millions de dollars destiné au projet ferroviaire. En février dernier, la RDC, l’Angola et la Zambie avaient également tenu à Luanda une réunion tripartite avec l’appui de la Banque mondiale afin d’accélérer la coordination des investissements et des politiques liées au corridor.

Au-delà des enjeux économiques, le corridor de Lobito prend progressivement une dimension géopolitique majeure autour des minerais critiques utilisés dans les industries technologiques et énergétiques mondiales.

Jean-Baptiste Leni

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