Le gouvernement veut à cette année revoir sa stratégie pour la poursuite du Programme du développement local de 145 territoires, financé à la hauteur de 672 millions USD par le Fonds monétaire international, en misant sur l’accompagnement des parlementaires, ainsi que des acteurs essentiels du contrôle et de mobilisation de ressources budgétaires.
Ce lundi 26 janvier 2026, Guylain Nyembo, ministre en charge du Plan, qui porte le programme au sein du gouvernement, a échangé, dans un premier temps, avec le député national André Mushongo, élu de Tshikapa dans la province de Kasaï, autour de l’état d’avancement du PDL‑145T dans cette partie du pays.
« Au cœur des discussions : l’évolution de la mise en œuvre de ce programme stratégique, initié par le Président de la République Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo, les défis rencontrés sur le terrain, ainsi que les solutions envisagées pour accélérer son exécution », a annoncé la cellule de la communication du ministère du Plan.
Avant de poursuivre,
« Les échanges ont également mis en lumière la nécessité de renforcer le suivi et l’accompagnement du PDL‑145T, notamment à travers un partenariat accru des parlementaires, acteurs essentiels du contrôle et de mobilisation des ressources budgétaires ».
Cet élu de Tshikapa a promis son implication pour une bonne poursuite de ce programme phare du développement local dans sa circonscription. Il a ainsi promu de mobiliser la population sur sa priorisation et son accompagnement.
« Ce programme mérite d’être priorisé et accompagné sans faille par nous les parlementaires pour assurer sa réussite... La population doit savoir que le PDL‑145T va réussir, car tous les mécanismes sont déjà mis en marche », a déclaré André Mushongo.
Malgré l’intérêt de ce projet local pour l’amélioration de conditions de vie, en 2025, sa mise en œuvre a été confrontée à plusieurs défis, dont la mégestion de son fonds dans d’autres parties du pays. Selon un rapport publié en mai 2025, le Centre de recherche en finances publiques et développement local (Crefdl) révélait des constats amers à l’issue d’une enquête exécutée sur sa mise en œuvre dans au moins quatre provinces :
- Retards et absence de livraison des infrastructures
Le centre a constaté que dans la province du Kasaï par exemple, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) n’a livré aucune infrastructure, malgré le versement intégral des fonds par le gouvernement, y compris une rallonge de 70 millions USD. Sur les 69 ouvrages prévus, seulement un seul était en phase d’être livré et 34 n’ont même pas commencé.
Pour la Cellule d’Exécution des Financements en faveur des États Fragiles (CFEF), le taux de réalisation avait été estimé à environ 65 %, mais les travaux ont pris près de deux ans, alors qu’ils devaient être achevés en six mois, ce qui constitue un retard majeur.
- Qualité et équipements des infrastructures très insuffisants
Le rapport déplore que 99 % des centres de santé déjà livrés dans les provinces du Kwilu, Kwango et Kongo-Central ne disposent pas d’équipements médicaux adéquats, bien que la loi de finances 2022 prévoie un budget pour cela.
- Dépassements budgétaires et opacité financière
Le CREFDL a pointé, dans son rapport, de fortes irrégularités financières : alors que les prévisions budgétaires pour le PDL-145 T étaient de 371,6 millions USD, le gouvernement a affecté 675 millions USD au volet 1 du programme. Malgré ces décaissements élevés, les rapports officiels ne montrent qu’une très faible part des fonds réellement utilisés, laissant planer un manque de transparence sur l’utilisation des ressources publiques.
- Violations des normes de passation des marchés publics
Le rapport critique aussi le fait que l’attribution et la gestion des marchés passent par des agences comme le PNUD et la CFEF, ce qui, selon le CREFDL, viole certaines dispositions légales sur les marchés publics et le circuit normal de la dépense publique en RDC.
Face à ces défis, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, s’était également exprimé lors d’un conseil de ministres, instruisant le gouvernement et les agences d’exécution, à livrer tous les ouvrages à la fin de l’année 2025 avant le lancement de la deuxième phase. Reste à savoir si tous les ouvrages ont été livrés à la durée recommandée.
Jean-Baptiste Leni