Plaidoyer pour un plan Marshall pour l’Est de la RDC (Tribune de Dr. John M. Ulimwengu)

Dr. John M. Ulimwengu
Dr. John M. Ulimwengu
PAR Deskeco - 24 nov 2022 08:46, Dans Analyses

Il est un incompréhensible que la réunion de Luanda (23 Novembre, 2022) ait produit un communiqué qui reste muet sur la nécessité d’un plan de développement durable et inclusif pour l’Est de la RDC. Sans être exhaustifs, en plus des velléités hégémoniques des pays voisins, les facteurs ci-dessous constituent des déclencheurs des conflits à répétition à l’Est de la RDC.

  • La baisse continue du pouvoir d’achat. Il réduit la capacité des ménages à faire face à leurs besoins quotidiens et exposent leurs membres à la recherche constante d’autres sources des revenus (y compris ceux résultant de l’implication dans les conflits) pour compenser cette baisse.
  • L’exclusion d’accès aux ressources. Les personnes exclues (ou qui se perçoivent comme telles) d’accès aux ressources ont une forte probabilité de devenir les instigateurs des conflits ou d’être facilement impliquées dans ces conflits. C’est le cas des habitants des zones minières qui souvent observent impuissants l’octroi de leurs terres pour exploitation sans obtenir en retour une activité régulière de génération de revenu ou même le financement des projets de développement communautaire (eau, électricité, écoles, hôpitaux, emplois, …).
  • Le chômage. La croissance constante de la population non suivie de la croissance de l’activité économique crée un flux additionnel des personnes en âge de travailler mais que le marché de l’emploi ne peut absorber. Ces personnes (surtout les jeunes) ne sachant quoi faire pour subvenir à leurs besoins deviennent des candidats potentiels pour alimenter les conflits.
  • La pauvreté de masse. La généralisation de la pauvreté en RDC est devenue un facteur sérieux d’instabilité. En effet, près de 80% de la population de la RDC vit en deçà du seuil de pauvreté de 1$ par jour. Cette pauvreté de masse crée un sentiment de frustration des pauvres vis-à-vis de la minorité «exemptée ». Ce sentiment constitue aussi un déclencheur des conflits dévastateurs qui continuent à déchirer l’Est du pays.
  • L’absence de politiques et stratégies de développement géographiquement ciblées. Il n’existe presque pas en RDC des politiques et stratégies de développement qui prennent en compte les réalités des entités administratives concernées et qui impliquent ses résidents. Le programme de 145 territoires est un signe encourageant dans ce sens même si son exécution laisse à désirer. La plupart des projets de développement en RDC sont dictés au niveau central et finissent par ne pas produire des résultats escomptés. Aussi, elles conduisent à un développement déséquilibré qui, à son tour, favorise l’exode vers les entités offrant des conditions de vie décentes (eau, électricité, téléphone, TV, éducation, santé, etc…). Cet exode alimente la masse des sans-emplois dans les entités concernées. Pour des raisons de survie, ces derniers sont souvent disposés à sauter sur toute occasion qui offre l’opportunité d’avoir un revenu y compris les conflits armés.
  • Faible productivité des activités agricoles. L’agriculture emploie plus du tiers de la population en RDC, particulièrement à l’Est du pays. L’agriculture congolaise est actuellement essentiellement traditionnelle et de subsistance. Malheureusement, sa productivité est tellement faible qu’elle ne permet pas à ceux qui y sont impliqués de générer suffisamment des revenus nécessaires à leur survie. En plus, cette productivité a baissé ces dernières années. Cette baisse de la productivité a eu pour implication la baisse des revenus agricoles et les ménages agricoles à la recherche des sources alternatives y compris celles liées à l’implication dans les conflits. L’insécurité alimentaire qui en résulte augmente la vulnérabilité et expose les personnes qui sont affectées à toute forme de tentation y compris l’implication dans les conflits.
  • Le manque d’opportunités économiques. Le manque d’opportunités économiques particulièrement pour les jeunes expose ces derniers à des situations des conflits. Selon la Banque mondiale, les obstacles à la création d’emplois incluent des infrastructures et des services publics insuffisants, un capital humain et un accès au financement limité, des obstacles règlementaires, des monopoles d’entreprises d’État des questions relatives aux droits fonciers et les tracasseries administratives.

L’Est de la RDC a besoin d’une stratégie de développement intégrée  

Tous ceux qui veulent rétablir la paix dans cette région doivent s’engager à la mise en œuvre d’un programme holistique de développement comprenant l’expansion des infrastructures et la fourniture de services sociaux de base. En particulier, le Gouvernement doit s’investir à consolider l’unité nationale, à faire reculer les frontières de la pauvreté à l’Est du pays et garantir une paix durable qui ne s’obtient que par l’amélioration des conditions de la population a travers d’un développement économique durable et inclusif.  L’espace géographique concerné prend en considération les provinces suivantes : Tanganyika, Maniema, Nord-Kivu, Sud-Kivu et l’ancienne Province Orientale, représentant environ 35% de la superficie nationale et plus de 30 millions d’habitants.

Une mise en place réussie d’une telle stratégie de développement participera à la consolidation de la stabilité économique et politique de l’ensemble du pays. En effet, le développement de la partie Est aura un impact considérable sur la compétitivité de l’économie congolaise étant donné sa forte insertion dans l’économie régionale (SADC, COMESA, EAC, CEPGL), un accroissement de la valeur ajoutée des produits agricoles et miniers exploités, un renforcement du dynamisme commercial déjà observé à l’Est du pays au cours des dernières décennies. En outre, il sonnera le glas de la fin de l’isolement des provinces du centre et leur revalorisation en termes de point de convergence du réseau national des infrastructures grâce à une stratégie de transport multimodal qui alliera la route, le rail et l’eau (dont le fleuve Congo).

L’Est économique devrait permettre d’associer le développement des villes côtières (Kalemie, Bukavu, Goma, Sake, Rutshuru, Butembo, Beni) en formant une ceinture commerciale par le développement de la pêche sur les différents lacs, du commerce transfrontalier et régional basée sur une industrie manufacturière et agro-alimentaire de forte compétitivité et la création des incubateurs et centres de recherche pour lutter contre l’insécurité alimentaire.  En servant comme un des greniers de la RDC à côté de l’Ouest économique, la filière agro-pastorale devrait assurer le développement de l’industrie agroalimentaire par la création de la chaîne d’activités industrielles qui transforment des matières premières issues de l’agriculture (thé, café, huile de palme, cacao, coton), de l’élevage (ovins et bovins) ou de la pêche (dans les lacs Albert, Kivu, Edouard, Tanganyika) en produits alimentaires destinés essentiellement à la consommation humaine pour l’ensemble des populations de la RDC.

De même, et en parallèle, l’agro-industrie – qui comprend, outre l’agroalimentaire- devra s’appuyer sur les centres de recherches agronomiques pilotées par les universités (UCB, UEA, ULPGL, Graben, UNIKIS, Université de Kindu) et les sites agricoles industriels identifiés et à créer pour transformer les matières premières issues de l’agriculture, de la pêche et de la foresterie en produits non alimentaires, comme les biocarburants, les biomatériaux et les biotechnologies industrielles (« biotechnologies blanches ») notamment pour l’exportation vers l’Afrique de l’Est et australe.

Les piliers d’un plan Marshall pour l’Est de la RDC

Etant donné qu’après plusieurs années de guerres et de destruction, tout est prioritaire, l’Etat doit opérer des choix intégrant tous les secteurs de la vie nationale. Ce qui permettra d’allouer des ressources à des projets prioritaires sous forme d’un véritable programme. Il s’agit d’un programme qui doit viser la transformation des ressources naturelles en opportunité de développement économique et humain. En effet, l’objectif de lutter contre la pauvreté de masse et garantir des emplois décents et durables à une grande partie de la population peut être atteint par un secteur agricole redynamisé face à une population à 70% à vocation rurale. Une stratégique holistique de développement de l’Est du pays doit considérer les secteurs agricole et minier comme locomotive le secteur agricole, pour secteur de financement, le secteur minier ; tous deux seront secondés par la réhabilitation et la reconstruction de diverses infrastructures (de transport, énergétiques, etc.).

Ce plan d’actions prioritaires implique un meilleur contrôle des ressources minérales par une traçabilité accrue et une restructuration de la filière or –étain-niobium-tantale, une pacification de l’ensemble de la sous-région avec des relations de bon voisinage restaurées, une intégration nationale et sous-régionale par le développement communautaire ainsi que la réduction de la pauvreté. Parmi les investissements clés, figurent aussi en ordre utile les voies de communication (routes, ports, ponts, aéroports, chemin de fer, voies navigables), l’énergie électrique, ainsi que l’acheminement des produits pétroliers dans les aires agricoles (ou les ZES). Il doit être tenu compte, dans cette planification, des actions tendant à redynamiser le tourisme, en tant qu’industrie du troisième millénaire.

En conformité avec ses choix politiques, le rôle de l’Etat consistera toujours à suppléer à l’insuffisance de l’offre de ces biens par le secteur privé. Par ailleurs, le PPP devra être encouragé dans tous les autres secteurs de la vie nationale (centres commerciaux, toilettes publiques, lieux de détente, logements sociaux, résidences des travailleurs, …) en vue de l’émergence de l’entreprenariat local. Tout ceci pour amener progressivement le secteur privé à devenir le moteur de la croissance économique de l’Est du pays.

Les besoins de développement de l’Est de la RDC sont énormes et les moyens disponibles sont très limités. Il s’ensuit donc qu’un tel programme de développement doit inclure des stratégies telles que les Zones Economiques Spéciales (ZES), des parcs agricoles industriels ou des universités technologiques afin de créer un climat propice à l’investissement, accélérer l’introduction des capitaux, des technologies avancées et des expériences de gestion moderne des pays étrangers, expérimenter et appliquer la réforme du système économique, afin d’approfondir la réforme, de renforcer le développement à travers l’ouverture sur l’extérieur,  de servir d’exemple pour le reste du pays et d’accélérer la modernisation et la renaissance économique de la RDC.  Cette logique de développement intègre aussi l’aspect développement régional (ou provincial) en veillant à l’équilibre de développement des parties défavorisées du pays et cela, selon la disponibilité des moyens et les stratégies mises en place, concomitamment ou au fur et à mesure de l’évolution de ce programme.

La partie Est du pays étant inondée par des bassins de production, chaque province devra été dotée d’au moins un Parc agro-industriel selon les spécificités des spéculations locales. A titre illustratif, le Maniema peut prendre le leadership en y implantant la chaîne des industries alimentaires tandis que le Nord-Katanga abritera l’usine de fabrication des outils agricoles qu’utiliseront toutes les autres provinces dans leurs activités agricoles. Le Maniema pourra ainsi, en s’adonnant à l’agriculture industrielle et commerciale, résorber le chômage et lutter efficacement contre la pauvreté. Elle est la province qui a le plus des pauvres dans le pays et ce choix nous semble très justifié.

Industries à créer

En raison des besoins énormes d’industrialisation du pays, notre choix d’implanter la sidérurgie à Banalia (Mont Mbomo) se justifie par la présence d’énormes réserves des minerais de fer jusqu’à 10 milliards de tonnes à forte concentration  et qui figurent parmi les plus purs au monde. Le Mont Mbombo contiendrait près de 900 millions de tonnes de fer à 63% de concentration et 900 millions de tonnes de fer à 45% de concentration (Etude Misra et al., 1987). Afin d’inciter une coopération provinciale, l’usine automobile, qui aura besoin des produits de la sidérurgie, est placée à Kindu dans la province sœur du Maniema.

Le fonds de commerce de la guerre à l’Est a été l’exploitation des ressources naturelles par les bandes armées. Pour mettre un terme à cet appétit, nous proposons d’attirer les « majors » miniers pour installer des sociétés minières d’exploitation et du traitement du coltan à Walikale ou Mubi dans le Nord-Kivu. Pour rendre plus viable l’économie de la province, nous proposons également qu’un aéroport national soit construit à Beni pour faire éclore l’esprit d’entreprise des populations du Nord-Kivu qui doivent se déplacer sur Kigali ou Kampala pour acheminer leurs marchandises.

Industrie à créer

L’exploitation imminente du gaz méthane dans le lac Kivu devra augmenter le nombre de sociétés œuvrant au Nord. Cette activité permettra au pays de fabriquer l’urée, un engrais de haute teneur et qui permettra à la RDC, à coup sûr, dans les mois et années à venir d’augmenter sensiblement la productivité agricole et l’exportation de cet engrais au reste du monde. Nous proposons que cette usine soit installée à proximité de la concession d’exploitation du gaz méthane qui est prévue à Makelele sur un site où le gaz est abondant et où passe la ligne électrique pour la fourniture énergétique.

La ville de Kisangani doit accueillir aussi l’université technologique où un espace sera dédié à une Zone Economique Spéciale (ZES) que nous appellerons « Parc technologique » à vocation électronique. Ce parc attirera les sociétés multinationales spécialisées en électronique (Microsoft, Dell, Toshiba, Samsung, etc.) afin d’y fabriquer tous les produits électroniques possibles. C’est dans ce parc que l’usine de raffinage de l’or et les usines spécialisées en produits finis fabriqués à partir du coltan, et autres minerais devront s’installer. L’université technologique aura pour vocation de fournir non seulement la main d’œuvre super qualifiée pour toutes les activités réalisées dans ce parc, mais aussi de pousser la recherche appliquée dans ce domaine.

La présence de la sidérurgie de Mbomo dans l’ancienne province Orientale justifie aussi le choix de construire graduellement la centrale hydroélectrique de Wannie Rukula (668 MW de capacité) pour soutenir progressivement les besoins en énergie dans cette partie du pays et servir de centrale-sœur à Inga pour des besoins énergétiques en pleine croissance.

Des infrastructures pour soutenir le développement

Les infrastructures d’appui à la croissance, en particulier les transports et l’énergie, ont une importance capitale pour  poser la fondation économique d’un pays de la taille d’un continent et permettre à l’appareil productif de se développer sur des bases fiables. L’investissement dans ces secteurs est doublement positif car non seulement ils contribuent par eux-mêmes à la croissance nationale et à l’emploi, mais ils sont également essentiels pour le développement des autres secteurs porteurs de croissance.

En outre, il s’agit certainement des secteurs parmi les plus touchés par les crises économiques et les conflits armés à répétition ; leur reconstruction est donc une urgence. L’unité nationale et la stabilité économique sont les deux priorités de la RDC et le secteur des infrastructures (de transport) est vital pour atteindre les deux. Le plan Marshall pour l’Est de la RDC devra consacrer énormément des ressources pour construire et administrer les infrastructures afin de (1) relier les régions (pays voisins) et les provinces ; (2) ouvrir l’accès aux marchés intérieurs et internationaux et (3) démontrer la capacité de l’Etat à délivrer des services.

En effet, les corridors Kinshasa-Océan Atlantique (Matadi-Pointe Noire) et du fleuve Congo (Kinshasa-Kisangani) peuvent être développés avec une haute rentabilité économique si les constructions des routes, réseaux de télécommunications et d’accès à l’électricité se font simultanément.  Afin de garantir le redéploiement des infrastructures de transport et de stockage de l’énergie dans les aires agricoles retenues, nous partons de l’hypothèse que la réduction de coûts de transport de biens et services améliore les échanges commerciaux variés pour lesquels le réseau routier, assuré par des camions de gros tonnage, s’avère le mieux adapté au transport moderne porte à porte ; en plus de la combinaison rail-fleuve représentant le noyau dur des infrastructures de communication parfaitement adapté aux conditions d’une économie d’exportation.

La mise en place des infrastructures entraînera le désenclavement aussi bien de l’Est que du Centre du pays et réduira la dépendance économique, grâce aux externalités induites par l’accroissement des échanges : réduction des importations, création de l’emploi dans les zones agricoles et industrielles et, par ricochet, réduction de l’exode rural, industrialisation du pays grâce à la fourniture de l’énergie électrique dans ces zones, etc.

Le point focal de transmission des externalités est Kisangani, en passant par Wannie-Rukula (Province Orientale). En effet, Kisangani est le point d’interconnexion important de l’Est vers le Sud. Il s’agit de ramener toutes les productions de l’Est vers Kisangani, afin d’exploiter le plus grand boulevard qui est le fleuve Congo, tronçon Kisangani – Kinshasa, en passant par Bumba, Lisala et Mbandaka, pour le  ramassage des produits en provenance de l’Equateur, du Bandundu et de la partie Est de la république.

Comment y arriver ?

Nous reprenons ici les propositions de Jean Paul Mvogo dans https://www.atlanticcouncil.org/blogs/africasource/heres-what-a-marshall-plan-for-the-drc-could-look-like/ . Les premiers travaux de conception du Plan Marshall devraient commencer par une discussion inclusive approfondie entre Congolais et entre le Congo et ses partenaires sur les mécanismes de gouvernance d’une telle initiative. Cette première discussion est essentielle en raison des sommes colossales en jeu et aussi des  controverses qui ont étouffés les projets d’infrastructures en RDC afin d’éviter les problèmes liés à la mauvaise gestion des finances publiques de la RDC et d’augmenter les chances de succès du plan, cette discussion devrait être structurée autour du renforcement de sa capacité d’absorption, c’est-à-dire le montant de l’aide étrangère que la RDC peut utiliser de manière productive.

La RDC a rencontré des difficultés pour mettre en œuvre rapidement des projets d’investissement de qualité et s’assurer que chaque dollar investi parvienne à son bénéficiaire prévu. Pour façonner une nouvelle normalité, il faudra apporter des améliorations dans trois domaines :

  • Les préparatifs du Plan Marshall devraient inclure le recrutement et la formation de personnes motivées et qualifiées capables de concevoir et de gérer efficacement des projets de réforme à long terme.
  • La RDC doit mettre en place un mécanisme de contrôle plus fort et plus efficace pour assurer une bonne gestion fiduciaire des projets du plan afin d’éviter les détournements, la collusion et la corruption. De telles pratiques ont longtemps entaché les appels d’offres publics et la gestion des fonds publics.
  • Il sera nécessaire de préparer méticuleusement les différents projets et plans d’investissement afin d’éviter les erreurs du passé, y compris certains éléphants blancs célèbres, et de garantir un impact social adéquat. Pour ce faire, les dirigeants participant au plan devraient adopter une approche expérimentale dans laquelle ils mènent des projets tests à petite échelle pour mieux comprendre et corriger leurs lacunes avant de les déployer dans tout le pays.

Le renforcement des institutions est une question sérieuse. Cela demande du temps et de la stabilité. En outre, la qualité institutionnelle est sensible aux changements de politique qui suivent les changements de leadership politique. D’où la nécessité, en tant que fondement du plan Marshall, de construire un consensus clair, responsable et transpartisan autour de la réforme institutionnelle. Si une plate-forme de réforme a l’adhésion des partis politiques et des parties prenantes de la société congolaise, elle serait immunisée contre les effets secondaires négatifs des changements de gouvernement.

Avec de nouvelles élections prévues pour 2023, le moment est venu d’entamer ce dialogue sur le plan politique. Les candidats à la présidence, en particulier, devraient expliquer comment leurs promesses contribueront à la transformation institutionnelle si nécessaire. La société civile naissante du pays pourrait saisir l’occasion de mobiliser les Congolais au-delà des lignes de parti et d’identifier les secteurs prioritaires pour le renforcement des institutions en préparation du plan.

Un tel processus autonomiserait le peuple congolais, qui a souvent été marginalisé dans la conception des politiques de développement, même s’il est censé en être les bénéficiaires. Cela favoriserait un engagement local crucial en faveur de la transformation institutionnelle. De plus, l’effort de préparation pourrait aider à établir une relation d’égalité entre la RDC et ses partenaires financiers dans leur mission de propulser le pays dans le XXIe siècle.

Dr. John M. Ulimwengu

Articles similaires