RDC : un rapport alerte sur la recrudescence des violations visant les défenseurs de l’environnement et des droits fonciers

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PAR Deskeco - 23 juin 2026 08:27, Dans Actualités

 

Alors que la RDC s’affiche sur la scène internationale comme un « pays-solution » pour la justice climatique, la réalité du terrain est beaucoup plus sombre pour celles et ceux qui protègent la nature. Dans un nouveau rapport de monitoring publié ce lundi 22 juin 2026, l’organisation Alerte congolaise pour l’environnement et les droits de l’Homme (ACEDH) tire la sonnette d'alarme sur l'escalade dramatique des violences visant les militants fonciers et environnementaux.

Un bilan sanglant : 12 défenseurs assassinés

Le rapport de l'ACEDH, qui couvre la période d'août 2025 à mars 2026, dresse un état des lieux alarmant de l'espace civique en RDC. L'ONG a répertorié pas moins de 31 cas d'atteintes graves aux droits et libertés des activistes. 

L'organisation documente notamment 6 cas d'attaques mortelles ayant coûté la vie à 12 défenseurs. À cela s'ajoutent :

- 16 cas de poursuites bâillons (procédures judiciaires abusives visant à faire taire les contestations),

- 2 cas d'enlèvements,

- 3 cas de menaces de mort et d'arrestations arbitraires ainsi que plusieurs attaques ciblées contre les biens des Aires Protégées et le droit de propriété des militants.

« Paradoxalement, ceux qui se battent pour protéger la nature, la vie sauvage et les droits forestiers sont en situation critique », déplore l'ACEDH dans son communiqué. Menaces, détentions illégales, privations du droit de réunion et intimidations forment désormais le quotidien de ces acteurs de terrain.

Ressources naturelles et criminalisation

Selon l'ONG, cette détérioration sécuritaire s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes liées à l'accès et à l'exploitation des ressources naturelles (minières, forestières et foncières). Le rapport met en lumière un phénomène inquiétant de criminalisation des activités des défenseurs. Ces derniers se retrouvent régulièrement ciblés par des acteurs puissants alors qu’ils tentent de protéger les droits des communautés locales face aux géants de l'industrie extractive.

En analysant les facteurs générateurs de ces violations et en identifiant les présumés auteurs, l'ACEDH ne se contente pas de dénoncer ; elle met aussi en avant la résilience et les initiatives locales de protection développées par les communautés elles-mêmes.

L'appel à l'action : Cohérence entre discours et actes

Pour l’ACEDH, il y a une contradiction flagrante entre l’ambition globale de la RDC qui se veut le moteur de la transition énergétique et de la justice climatique et le traitement réservé à ses propres citoyens qui matérialisent cette vision sur le sol congolais.

Le rapport formule par ailleurs plusieurs recommandations destinées à améliorer la sécurité des défenseurs de l’environnement et des militants climatiques, à assurer la protection de leurs droits fondamentaux et à promouvoir une gouvernance foncière et environnementale plus transparente, participative et inclusive.

Divine MBALA

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