Dans son intervention vendredi dernier lors du Conseil des ministres, la Première ministre Judith Suminwa a fait le point sur l'état d'avancement de l'audit de l'état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l'État. Les premières conclusions des travaux mettent en évidence plusieurs insuffisances dans les données utilisées pour la gestion des effectifs et l'élaboration de la masse salariale publique.
Le 5 juin dernier à la Primature, Judith Suminwa a présidé une réunion de coordination technique de la Commission ad hoc chargée de conduire cet audit. La rencontre avait réuni les membres de la coordination politique, l'Inspecteur général des finances, chef de service, ainsi que les experts désignés par le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, alors en mission.
Selon le compte rendu présenté au Conseil des ministres, les travaux de la première phase ont permis d'identifier plusieurs anomalies affectant la qualité, la cohérence et la fiabilité des données administratives servant de base à la gestion du personnel de l'État et au calcul des rémunérations.
Les analyses ont notamment révélé des écarts entre différentes bases de données administratives ainsi que la persistance de situations nécessitant des vérifications complémentaires concernant certaines composantes de la dépense salariale.
Ces constats interviennent dans le prolongement des préoccupations exprimées à plusieurs reprises par le président de la République lors des 79e et 90e réunions du Conseil des ministres, portant sur la maîtrise des effectifs de l'administration publique et la transparence dans la gestion de la paie.
Pour la cheffe du gouvernement, ces premières conclusions confirment la nécessité de poursuivre les investigations afin d'obtenir une cartographie exhaustive et fiable des agents de l'État. L'objectif est également de renforcer la sécurisation de la chaîne de rémunération, de limiter les irrégularités et d'assurer une meilleure maîtrise de la masse salariale publique.
Au cours de la réunion, la Première ministre a insisté sur la nécessité pour les administrations concernées de mettre à la disposition des auditeurs l'ensemble des données et fichiers nécessaires à la poursuite des travaux. Elle a rappelé aux membres de la coordination politique l'importance de garantir la disponibilité effective de leurs experts respectifs afin de permettre l'avancement de la deuxième phase de l'audit.
Judith Suminwa a souligné que l'atteinte des objectifs fixés dépendra de la capacité des administrations à fournir dans les délais des informations complètes, fiables et exploitables pour approfondir les vérifications en cours. Afin de garantir le respect du calendrier établi, la cheffe du gouvernement a également chargé le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, de veiller à la mise en œuvre de la feuille de route validée pour la conduite de cet audit.
Jean-Baptiste Leni