Le prix du baril de pétrole a enregistré une baisse de 9,4 % au 7 mai 2026, s’établissant à 100,3 dollars américains, selon la note de conjoncture économique publiée par la BCC. Cette diminution s’explique principalement par l’apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perspectives d’une solution diplomatique, même si les cours restent largement supérieurs à leur niveau de fin 2025.
Cette baisse intervient quelques mois après les inquiétudes exprimées par plusieurs acteurs économiques congolais face aux conséquences de la crise au Moyen-Orient sur l’économie nationale, particulièrement sur les prix des carburants et des produits importés.
Lors de son passage à l’émission Face à face, le 17 avril 2026, André Wameso avait alerté sur les risques que ferait peser une prolongation du conflit sur l’économie congolaise. Selon lui, la hausse du pétrole sur le marché international risquait d’entraîner une augmentation généralisée des coûts d’importation et des dépenses logistiques, avec des conséquences directes sur les prix des produits de première nécessité.
« Je ne suis pas de ceux qui pensent que nous pouvons être autosuffisants et que rien ne peut nous arriver. Il faut regarder le fait de manière réaliste et se dire que tout ce qu’on peut espérer est que cette crise ne dure pas, parce que si elle dure, cela va nous créer d’énormes problèmes. Nous ne sommes pas un grand pays producteur de pétrole. Nous devons l’importer et, avec la crise actuelle, son prix augmente, ce qui nous pose un problème au niveau de nos importations », avait expliqué le gouverneur, soulignant également que l’augmentation des coûts énergétiques pouvait affecter l’ensemble de la chaîne de consommation.
De son côté, l’économiste Christian Moleka avait également mis en garde contre les effets d’une escalade militaire au Moyen-Orient sur les marchés mondiaux de l’énergie. Dans une interview accordée à DeskEco, il estimait qu’une aggravation de la crise pourrait provoquer un nouveau choc pétrolier mondial.
« La guerre iranienne peut avoir un impact énorme, pas seulement sur le Congo mais sur le monde. À l’allure où vont les choses, l’une des conséquences les plus évidentes est la possibilité d’avoir un troisième choc pétrolier, avec une hausse incalculable des prix du carburant », avait-il indiqué.
Pour l’économiste, une flambée durable des prix de l’énergie aurait des répercussions directes sur le pouvoir d’achat des ménages congolais, notamment à travers la hausse des coûts de transport, de l’alimentation et des biens de consommation.
Pour rappel, au cours de la dernière semaine du mois d’avril, le prix du baril de pétrole s’était établi à 110,4 dollars américains, enregistrant une hausse hebdomadaire de 8,4 % par rapport à la semaine précédente. Comparé au 31 décembre 2025, le pétrole affichait une progression de 81,4 %, tandis qu’en glissement annuel, l’augmentation atteignait 47,3 %.
Divine Mbala