Reprise de Chemaf : le CAMI fixe le cadre administratif avec Virtus Minerals

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PAR Deskeco - 05 mai 2026 09:30, Dans Mines

Le processus de reprise des actifs miniers de Chemaf entre dans une phase administrative importante en République démocratique du Congo. Le 29 avril 2026, le Directeur général du Cadastre minier, Popol Mabolia Yenga, a reçu en audience le Président du Conseil d’administration de Virtus Minerals, nouveau repreneur de Chemaf.

Chemaf (Congo Eastern Mining Frontier) exploite principalement des mines situées dans le sud du pays, dans la région du Lualaba et du Haut-Katanga, au cœur de la ceinture cuprifère congolaise.

Au cœur de cette rencontre : un état des lieux détaillé du portefeuille minier de l’entreprise. Les discussions ont porté sur l’ensemble des droits miniers et de carrières, les contrats en cours, les procédures engagées ainsi que les différents droits attachés, tels que répertoriés par le Cadastre minier.

Au-delà de cet inventaire, les deux parties ont également clarifié les étapes administratives et juridiques à suivre après la prise de contrôle de Chemaf. Cette phase est essentielle pour assurer la conformité de l’opération avec le Code minier congolais et son règlement, dans un contexte où les autorités entendent renforcer la transparence et la traçabilité dans le secteur extractif.

Cette rencontre permet la sécurisation juridique de la transition entre l’ancien et le nouveau propriétaire, alors que le gouvernement congolais veille à encadrer les investissements dans un secteur clé pour l’économie nationale.

Virtus Minerals : un investissement au cœur des recompositions minières

L’arrivée de Virtus Minerals dans le paysage minier congolais s’inscrit dans une dynamique de recomposition autour des minerais critiques, notamment le cuivre et le cobalt.

Le groupe américain a acquis en mars 2026 les actifs de Chemaf pour environ 30 millions de dollars, dans le cadre d’un partenariat entre la RDC et les États-Unis visant à renforcer la présence américaine dans le secteur minier congolais.

Cette opération est présentée comme l’un des premiers engagements concrets de ce partenariat, destiné à diversifier les investissements dans un secteur longtemps dominé par les capitaux asiatiques.

D’après d’autres informations relayées par l’agence britannique Reuters, l’entreprise prévoit, avec ses partenaires, de relancer progressivement les activités de Chemaf, avec un objectif de reprise de la production à grande échelle à l’horizon 2027, tout en maintenant les emplois existants. L’opération inclut aussi la reprise d’une dette importante héritée de l’ancienne structure, estimée à près de 900 millions de dollars.

Cependant, cette acquisition ne fait pas l’unanimité. Selon une enquête de l’agence britannique, relayée par Deskeco, des interrogations subsistent quant à l’expérience réelle de Virtus Minerals dans l’exploitation minière en RDC. L’agence indique notamment que certaines affirmations de l’entreprise concernant ses activités passées dans le pays seraient exagérées ou non vérifiées.

Malgré ces zones d’ombre, les autorités congolaises semblent vouloir avancer avec ce partenariat, perçu comme une opportunité de relance pour des actifs miniers en difficulté, mais aussi comme un levier pour attirer de nouveaux investissements internationaux.

Dans ce contexte, les échanges entre le CAMI et Virtus Minerals sont une étape importante afin d’assurer une transition conforme aux exigences réglementaires et de poser les bases d’une exploitation minière mieux encadrée.

Jean-Baptiste Leni 

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