RDC : les infrastructures érigées en levier de souveraineté économique à l’issue de la première Conférence nationale des ITP

Des travaux publics. Photo d'illustration
Des travaux publics. Photo d'illustration
PAR Deskeco - 15 avr 2026 14:27, Dans Actualités

Du 8 au 10 avril 2026, la République démocratique du Congo a tenu à Kinshasa la première Conférence nationale sur les infrastructures et travaux publics (ITP), un rendez-vous stratégique ayant réuni experts, ingénieurs et délégués provinciaux autour de l’avenir des infrastructures du pays.

Au terme des travaux, les participants ont adopté une vision ambitieuse : faire des infrastructures non plus un simple poste de dépenses budgétaires, mais un véritable moteur de souveraineté économique. Dans cette perspective, ils ont formulé une série de recommandations fortes à l’endroit du Parlement et du Gouvernement, appelés à légiférer en urgence afin de renforcer le cadre juridique dans les secteurs des ITP, de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et de l’habitat.

Parmi les principales mesures proposées figure la modernisation et la classification du réseau routier, avec des emprises clairement définies : 70 mètres pour les routes nationales, 50 mètres pour les routes provinciales et 40 mètres pour les routes secondaires. Les experts ont également plaidé pour la création d’une autorité nationale de régulation de l’occupation des terres, afin d’assurer une meilleure coordination entre les secteurs des infrastructures, de l’agriculture, des mines et de l’urbanisme.

La mise en place de normes obligatoires dans le secteur du bâtiment et des travaux publics a également été recommandée, notamment en ce qui concerne les matériaux de construction, la résilience climatique et le bétonnage urbain, avec une certification conforme aux standards internationaux. Dans le même élan, les participants ont insisté sur le renforcement du contrôle des charges à l’essieu ainsi que sur l’implémentation du système GENiS pour une gestion efficace de l’entretien routier.

La question de la gouvernance a occupé une place centrale dans les échanges. Les experts ont appelé à davantage de transparence dans les marchés publics et les partenariats public-privé (PPP), notamment à travers la digitalisation des appels d’offres et l’application de sanctions strictes contre la corruption.

Sur le plan institutionnel, plusieurs réformes ont été proposées, dont le transfert des compétences en matière de voirie aux provinces, tout en maintenant une coordination nationale assurée par le ministère des ITP et l’Office des voiries et drainage (OVD). Ils ont également recommandé une participation accrue des autorités provinciales dans l’élaboration des projets d’infrastructures.

Par ailleurs, les assises ont préconisé la création d’un nouveau service public dénommé « Nouveau bâtiment administratif » (NBA), chargé de l’entretien, de la maintenance et de l’embellissement des bâtiments de l’État. Dans la même logique, les participants ont soutenu la mise en place d’un fonds souverain de reconstruction, alimenté par une quote-part des revenus issus des ressources naturelles, afin de financer des projets structurants et promouvoir une meilleure redistribution entre les provinces.

Les experts ont aussi appelé à l’élaboration d’une Politique nationale des infrastructures, travaux publics et reconstruction, ainsi qu’au renforcement du rôle du Secrétariat général à la reconstruction en tant qu’organe central de pilotage des projets. La création de commissions permanentes spécialisées, notamment un observatoire national de l’état de la reconstruction, a également été proposée.

Enfin, ils ont recommandé le basculement de la direction de l’inspection du Secrétariat général aux ITP vers une Inspection générale des ITP, dans le but d’améliorer le contrôle et le suivi des projets.

Présent lors de la lecture de la Déclaration, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza , initiateur de ce forum, a salué la qualité des travaux et s’est engagé à veiller à la mise en œuvre effective des résolutions issues de ces assises.

Dans son mot d’ouverture de ce forum, le chef de l’Etat felix Tshisekedi avait insisté sur la nécessité de dépasser les approches traditionnelles. « Bâtir ne suffit plus, il faut bâtir mieux, durablement et de façon innovante », a-t-il déclaré, appelant à rompre avec une logique de réparation permanente au profit d’une véritable culture de système.

Divine Mbala

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