Kinshasa et Pékin scellent un partenariat minier tourné vers la valeur ajoutée

Signature entre les deux parties
Signature entre les deux parties
PAR Deskeco - 27 mar 2026 07:45, Dans Mines

La République démocratique du Congo et la Chine ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération stratégique en signant, ce jeudi 26 mars, à Beijing, un Mémorandum d’Accord portant sur la géologie et les ressources minérales. Cet engagement bilatéral s’inscrit dans une dynamique de consolidation des relations économiques entre les deux pays, avec une ambition affichée : maximiser la valeur ajoutée du secteur minier congolais.

L’accord a été paraphé par le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, et son homologue chinois des Ressources naturelles, Guan Zhi’ou, en présence de délégations officielles. Côté congolais, plusieurs personnalités ont pris part à la cérémonie, dont l’ambassadeur François Balumuene, ainsi que les responsables du Cadastre minier et du Service géologique national du Congo.

Un accord dans la continuité des engagements politiques

Cette signature intervient dans le prolongement des échanges de haut niveau entre le président Félix Tshisekedi et son homologue chinois Xi Jinping en 2023. Elle traduit la volonté commune de bâtir un partenariat « équilibré et pragmatique », axé sur des retombées concrètes pour les deux économies.

Le Mémorandum établit un cadre de coopération structuré autour de plusieurs principes clés : la concertation permanente, le respect du cadre légal congolais, la protection des investissements et la promotion de la transformation locale des ressources naturelles. Un mécanisme de suivi et de dialogue a également été instauré afin de garantir la transparence et la bonne exécution des projets.

Un levier pour la compétitivité du secteur minier

Parmi les avancées majeures, l’accord prévoit qu’à partir du 1er mai 2026, les exportations congolaises vers la Chine bénéficieront d’un accès en franchise de droits de douane. Une mesure qui devrait renforcer la compétitivité des produits miniers congolais sur le marché chinois et stimuler les perspectives de croissance économique.

Dans cette optique, les autorités congolaises misent sur une meilleure intégration du pays dans les chaînes de valeur mondiales, en privilégiant notamment la transformation locale des matières premières, longtemps exportées à l’état brut. 

Le projet MIFOR au cœur de la coopération

L’un des piliers de cet accord concerne le développement du projet structurant des Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR). Ce chantier ambitieux vise la création d’un corridor stratégique reliant l’océan Indien à l’océan Atlantique, facilitant ainsi l’exportation des ressources minières.

Avec une production initiale estimée à 50 millions de tonnes de fer par an, pouvant atteindre 300 millions de tonnes à long terme, le projet représente un investissement colossal de près de 28,9 milliards de dollars. 

Il devrait bénéficier de l’expertise technique et financière d’entreprises chinoises, notamment dans le déploiement d’unités industrielles de transformation à grande échelle.

Une ambition d’industrialisation assumée

Dans la continuité de cette dynamique, Louis Watum Kabamba a été invité à prendre part, en septembre prochain, au Forum international des ministres des Mines, où il interviendra conjointement avec son homologue chinois. Cette participation s’inscrit sous la coordination du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

À travers cet accord, la République démocratique du Congo réaffirme sa volonté de construire un secteur minier moderne, responsable et générateur de valeur. Au-delà de la simple exploitation des ressources, Kinshasa entend désormais faire du secteur extractif un véritable moteur d’industrialisation, de souveraineté économique et d’amélioration durable des conditions de vie de sa population

Jean-Baptiste Leni

 

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