Le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, tient à la rationalisation des dépenses publiques pour préserver l'équilibre macroéconomique du pays. Lors de la quatre-vingt-deuxième réunion ordinaire du Conseil des ministres présidée le vendredi 13 mars 2026 à Kinshasa, il a ordonné au gouvernement d'"envisager la suppression, la fusion ou la rationalisation des structures qui ne présentent pas une utilité avérée ou qui font double emploi".
Le chef de l'État a rappelé que la rationalisation des dépenses publiques constitue un levier immédiat, crédible et indispensable pour préserver les équilibres macroéconomiques du pays.
Cette exigence, a-t-il souligné, implique une allocation plus efficiente des ressources publiques, fondée notamment sur l’élimination des dépenses non prioritaires ou insuffisamment justifiées, ainsi que sur une meilleure discipline dans l’organisation de l’action publique.
À cet effet, il a chargé la Première ministre de "procéder à une évaluation globale des fonds, cellules, commissions et autres structures publiques actuellement placées sous la tutelle des différents ministères".
Cet exercice devra permettre :
d’identifier les structures dont l’utilité est avérée et qui contribuent efficacement à la mise en œuvre des politiques publiques ;
de repérer celles dont la pertinence est limitée ou dont les missions peuvent être assumées par des structures déjà existantes ; de détecter les cas de chevauchement de compétences ou de duplications institutionnelles.
Le président de la République a aussi ordonné ce qui suit:
"la création de tout fonds, établissement public, cellule ou autre structure publique soit désormais strictement encadrée, afin de s’assurer de son opportunité réelle, de sa pertinence stratégique et de sa soutenabilité financière".
À cet effet, tout projet de création devra être préalablement validé par la Première ministre, qui en appréciera la nécessité, la valeur ajoutée institutionnelle ainsi que l’impact budgétaire, avant de le soumettre au Président de la République pour arbitrage final.
Rappelant les orientations données lors de la 74ᵉ réunion du Conseil des ministres, Tshisekedi a constaté ces derniers temps une tendance croissante à la création de fonds, de cellules, de commissions et d’autres structures publiques, souvent à l’initiative de différents ministères.
"Si certaines de ces structures peuvent répondre à des besoins spécifiques de mise en œuvre des politiques publiques, leur multiplication non encadrée exerce néanmoins une pression importante sur les ressources du Trésor public", a-t-il fait remarquer.
Avant d'ajouter:
"En effet, chaque nouvelle entité entraîne inévitablement des charges supplémentaires liées aux frais de démarrage, d’installation, de fonctionnement ainsi qu’à la rémunération du personnel. Une telle dynamique apparaît peu compatible avec l’impératif de rationalisation des dépenses publiques auquel le gouvernement est collectivement astreint".
Bienvenu Ipan