Trois magistrats de la Cour d’appel du Tanganyika ont été condamnés, lundi 26 janvier 2026, à des peines de 15 à 36 mois de prison pour des faits de corruption, à l’issue d’un procès tenu en chambre foraine par la Cour d’appel du Haut-Katanga, à Lubumbashi, capitale cuprifère du sud-est de la République démocratique du Congo.
Dans son arrêt, la juridiction a estimé que les faits de corruption étaient établis tant en fait qu’en droit à l’encontre des prévenus.
« Est établi en fait comme en droit la prévention de corruption mise à charge de tous les prévenus », a déclaré la Cour.
En conséquence, les magistrats Zantoko Mayikila Hervé et Mbele Lalu Christophe ont chacun été condamnés à 36 mois de servitude pénale principale. Asanga Kabalo Raphaël a, quant à lui, écopé d’une peine de 15 mois d’emprisonnement, tandis que Kafwimbi Kiwele Joseph a été condamné à 24 mois de prison.
Pour rappel , les magistrats concernés ont été jugés la semaine dernière en procédure de flagrance, pour avoir perçu des pots-de-vin de la part d’un opérateur économique poursuivi dans une affaire de viol sur mineur.
Cette condamnation s’inscrit dans le cadre d’une vaste campagne de sanctions engagée depuis plusieurs mois contre les magistrats impliqués dans des pratiques de corruption, sur l’ensemble du territoire national.
Lors de son dernier briefing conjoint avec le porte-parole du gouvernement, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a indiqué avoir suspendu 324 magistrats pour des faits de corruption ou de spoliation.
« Nous avons reçu 324 dossiers ouverts à charge des magistrats. Certains ont été sanctionnés disciplinairement, tandis que d’autres ont été poursuivis et condamnés au pénal », a-t-il précisé.
Réformes engagées pour la justice
Depuis sa prise de fonctions, le ministre de la Justice a engagé une série de réformes structurelles axées sur l’amélioration de la gouvernance du secteur, le rapprochement de la justice avec les citoyens et le renforcement de la discipline judiciaire.
Il a notamment instauré une concertation interinstitutionnelle et interministérielle, afin d’assurer une meilleure coordination des actions judiciaires et une cohérence accrue des politiques publiques, conformément au principe de la solidarité gouvernementale.
Par ailleurs, le ministre a mis l’accent sur la promotion d’une justice de proximité, fondée sur une présence renforcée des autorités judiciaires sur le terrain, une écoute active des préoccupations des populations et une redevabilité accrue de l’administration judiciaire à l’égard des justiciables.
Divine Mbala