Le gouvernement veut développer le site hydroélectrique de Pyoka-Tombe, d’un potentiel minimal estimé à 6 450 MW. Selon le ministre des Ressources hydrauliques qui a fait valider ce projet lors de la soixante-quatorzième réunion du Conseil des ministres tenue vendredi à Kinshasa, la mise en valeur de ce site hydroélectrique permettrait non seulement d’optimiser la gestion hydraulique du fleuve Congo en amont d’Inga et de sécuriser, à terme, la cote d’exploitation du complexe, mais également de répondre à des besoins énergétiques à plus court et moyen terme, avec des délais de réalisation nettement inférieurs à ceux du Grand Inga.
D’après le compte rendu du gouvernement, le développement des aménagements de Pyoka-Tombe répond à plusieurs enjeux majeurs pour notre pays :
(i) la sécurisation durable de l’approvisionnement électrique de Kinshasa, dont le déficit structurel dépasse actuellement 1 000 MW et continuera de croître ;
(ii) le soutien à l’industrialisation nationale, notamment dans le Kongo Central et les pôles industriels connectés au réseau Inga ;
(iii) l’optimisation du schéma global de développement du fleuve Congo, en préparant techniquement et stratégiquement le déploiement du Grand Inga ; et
(iv) le positionnement de la RDC comme pilier énergétique régional, capable de répondre à la demande nationale et aux opportunités d’exportation à moyen et long terme.
L’approche progressive et structurée pour la concrétisation de ce projet hydroélectrique prévoit des actions telles que la récupération des études existantes, l’organisation de la campagne de mesures topographiques et la réalisation des études de préfaisabilité ; la réalisation des études de faisabilité et d’avant-projet détaillé ; ainsi que la structuration du cadre de mise en œuvre et de financement.
« Le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité a sollicité l’accompagnement du gouvernement pour l’approbation du principe du développement de ce projet hydroélectrique et les habilitations nécessaires, notamment pour le recrutement d’une firme chargée de l’actualisation des études de faisabilité de l’aménagement de Pyoka-Tombe et la mobilisation des ressources financières nécessaires au financement des études, à la structuration et à la mobilisation des financements publics et privés », a renseigné le document.
Par ailleurs, le Conseil a pris acte de la note d’information relative à la réhabilitation des centrales hydroélectriques privées abandonnées ou en faillite et à l’extension de leur desserte aux populations locales.
Il s’agit, selon la source, de 17 centrales hydroélectriques privées dans sept provinces, constituant un patrimoine énergétique stratégique à ce jour inexploité. Leur réhabilitation représente ainsi une opportunité stratégique pour renforcer la sécurité énergétique des zones minières, améliorer l’accès à l’électricité des populations locales, valoriser les actifs publics existants et réduire la dépendance aux énergies fossiles.
Pour y parvenir, le modèle économique envisagé est le recours au secteur privé par le biais de partenariats à mettre en place suivant les dispositions règlementaires en vigueur, notamment la conclusion de contrats IPP (Independent Power Producer) où l’investisseur privé investit, réhabilite et exploite les installations pour vendre l’électricité produite à un « off-taker », opérateur public ou privé disposant d’un réseau de distribution, dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité. Ce modèle va favoriser la conclusion de contrats de concession, au terme desquels il sera procédé soit à un renouvellement, soit à une remise des installations à l’État pour de nouveaux contrats de concession.
Le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité a sollicité l’accompagnement du gouvernement pour non seulement les habilitations, mais aussi la réalisation des actions à entreprendre ainsi que les recommandations y relatives.
Bienvenu Ipan