RDC : le gouvernement attendu d’ici deux semaines sur sa décision relative à la suspension des exportations de cobalt sur le marché mondial

Photo d'illustration lors d'un conseil de ministres
Photo d'illustration lors d'un conseil de ministres
PAR Deskeco - 09 sep 2025 13:14, Dans Mines

Le gouvernement congolais est attendu d’ici le 21 septembre prochain, sur l’avenir de sa mesure sur la suspension des exportations de cobalt sur le marché international. Cette suspension avait été prolongée jusque-là d’une période complémentaire de trois mois, après une mesure initiale de quatre mois. 

Le 22 février 2025, l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS) a décrété une interdiction temporaire de quatre mois concernant l’exportation des différents produits de cobalt (hydroxydes, carbonates, alliages blancs, concentrés cuivre-cobalt), sans distinction entre exploitation industrielle, semi-industrielle ou artisanale. 

Cette décision, signée par Patrick Mpoyi Luabeya, visait à restreindre l’offre mondiale jugée excessive et à freiner la chute des cours, tombés à un niveau historiquement bas (environ 21 000 à 22 000 $ la tonne sur le marché international).

Prolongation jusqu’en septembre

Le 21 juin 2025, l’ARECOMS a annoncé sa prolongation de trois mois supplémentaires, donc jusqu’au 21 septembre 2025, au motif que les stocks mondiaux de cobalt restaient élevés. Une commission, sous l’égide de l’ARECOMS, devra évaluer l’impact de cette mesure d’ici la date, et proposer d’éventuelles modifications, prolongations ou une possible levée.

Répercussions locales et internationales

Sur le marché congolais, la suspension a perturbé les activités des entreprises minières opérant en RDC. Par exemple, Glencore a averti de « stocks massifs invendus d’ici fin 2025 », car sa production restait immobilisée au sein du pays sans possibilité d’export - bien que l’impact financier immédiat soit limité grâce à des stocks antérieurs.

Cette situation crée une incertitude réglementaire, notamment en raison du flou autour des futures règles d’exportation. La mise en place envisagée de quotas d’exportation, au lieu d’interdiction pure et simple, soulève des interrogations quant à leur mise en œuvre et à la répartition des volumes entre opérateurs.

Sur le marché international, à l’échelle mondiale, la suspension a provoqué une hausse ponctuelle des prix, notamment en Chine, mais son effet s’est globalement estompé, car les stocks détenus en dehors de la RDC ont comblé le vide. Selon Benchmark Mineral Intelligence, les réserves extérieures représentent jusqu’à huit à dix mois de consommation mondiale, ce qui limite l’impact immédiat de la restriction.

D’autre part, les exportateurs comme CMOC, premier producteur mondial de cobalt, et Glencore ont des positions divisées : Glencore soutient un système de quotas, tandis que CMOC milite pour la levée de la suspension.

Les analystes soulignent aussi la nature particulière du cobalt, produit comme sous-produit du cuivre : la RDC ne peut donc pas facilement restreindre sa production sans impacter fortement les volumes de cuivre exploités.

Jean-baptiste Leni

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