États généraux du portefeuille : Alex N’kusu plaide pour une évaluation des dettes et une politique d’endettement pour relancer les entreprises publiques

L'hôtel du Gouvernement à Kinshasa
L'hôtel du Gouvernement à Kinshasa
PAR Deskeco - 12 déc 2024 12:05, Dans Entreprises

 

S’adressant à la presse mardi dernier dans le cadre des États généraux du portefeuille ouverts depuis lundi 9 décembre à Kinshasa, Alex N’KUSU DONGALA SIYA, Secrétaire Exécutif a.i. du Comité de Pilotage de la Réforme des Entreprises Publiques (COPIREP), suggère entre autres l’évaluation de la situation des dettes des entreprises publiques et la mise en place d’une politique d’endettement pour relancer les sociétés de l’État et l’économie de la RDC.

Selon lui, la politique de l’endettement peut, par exemple, pousser l’État, qu’il invite à prendre ses responsabilités d’actionnaire, à « déterminer les conditions qui peuvent inciter une entreprise à s’endetter ».

« Il faut s’asseoir et dire : voici les dettes de chaque entreprise publique, comment les restructurer et comment les financer », a-t-il fait savoir.

Le rapport de la situation consolidée des entreprises publiques en 2022, annexé au projet de loi des finances 2025 en examen au Parlement avant sa promulgation en fin d’année, renseigne que la moyenne des dettes à long et à moyen termes des entreprises publiques s’élève à 2,8 milliards de dollars entre 2020 et 2022. Selon le même rapport, la Société nationale de l’électricité (SNEL) et la Générale des carrières et des mines (Gécamines) détiennent à elles seules plus de 2,5 millions de ces dettes, soit un peu plus de 90,7 %. Cette situation s’ajoute à de multiples défis pour la relance de ces entreprises et de l’économie du pays.

Aussi, le même rapport indique que la dette sociale, qui concerne les arriérés de salaire et autres avantages du personnel des entreprises publiques, a connu un accroissement de 8,6 % en 2022. En effet, pendant cette période, elle s’est établie à près de 2.822 milliards de FC, contre près de 2.598 milliards de FC en 2021.

Il en va de même pour la dette fiscale, qui concerne les obligations des entreprises publiques envers l’État, et qui s’est établie à près de 2.161 milliards de FC, contre près de 2.039 milliards de FC en 2021, dégageant ainsi un accroissement de 6,0 %.

Cette situation freine la relance de nombreuses entreprises du portefeuille, dont la plupart sont soit dans une situation financière relativement saine, soit en faillite non déclarée, soit en grande difficulté.

Devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès ce mercredi 11 décembre, Félix Tshisekedi, président de la RDC, a indiqué attendre des recommandations issues des États généraux du portefeuille pour relancer « l’ensemble » des entreprises du portefeuille. Dans cette optique, certaines mesures ont déjà été prises par le gouvernement pour relancer celles existantes et en créer de nouvelles, en l’occurrence Air Congo, a laissé entendre le chef de l’État.

Bruno Nsaka

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