RDC : l'ODEP appelle à des poursuites judiciaires contre le comité de gestion de TRANSCO pour détournement des deniers publics

TRANSCO
PAR Deskeco - 18 sep 2020, Dans Actualités

L'Observatoire de la dépense publique (ODEP) vient de rendre public son étude sur l'évaluation de la gestion de la société Transport au Congo (Transco), six ans après après sa création et acquisition des bus, dans le cadre de la lutte contre la corruption. Cette étude s’intéresse essentiellement à la gestion des recettes, des subventions de l’Etat en carburant tout comme celles liées à la rémunération des agents. Il jette également un regard sur la question de l’utilisation des ressources, notamment les différents équipements, la procédure de passation des marchés publics, la comptabilité et les différentes dettes contractées auprès des banques commerciales congolaises. 

Selon le constat fait par l'ODEP, la mauvaise gestion et le vol organisé ont mis en faillite la société Transco au même titre que City train (STUC), de triste mémoire. 

"Au terme de notre étude, nous relevons que la société est en faillite. Elle a subi le sort de City train, STUC de triste mémoire. Alors qu’on pouvait éviter le pire. La mauvaise gestion, caractérisée par le vol à ciel ouvert des recettes encaissées par la société. La mauvaise tenue de la comptabilité ; des procédures des marchés publics opaques, caractérisées par le clientélisme, le conflit d’intérêt sont les maux, qui rongent la société", renseigne l'étude de l'ODEP. 

*Parc automobile et gestion du carburant*

L'ODEP révèle que "l’établissement public Transports au Congo exploitait 29 lignes sur le réseau urbain ordinaire de Kinshasa et une ligne interurbaine “Kinshasa-Kikwit”. Aujourd’hui, moins de 100 bus sont en exploitation, sur les 500 bus acquis ; et les lignes ont sensiblement diminué se réduisant à une dizaine".

Concernant l'achat du carburant, l'ODEP révèle dans son étude que la subvention mensuelle du gouvernement s’élève à 22 100 USD par jour pour l’ensemble des véhicules. Par ailleurs, Transco bénéficie de 80 000 Litres de carburant et de lubrifiants, chaque mois depuis sa création, soit 960 000 litres par an. Malgré la réduction du nombre des bus, l’Etat continue à donner le carburant pour plus de 400 bus comme auparavant. 

"Pour 2013 par exemple, le montant alloué mensuellement par le gouvernement à Cobil était de 900 000 USD alors que la consommation de Transco n’était que de 300 000 USD", poursuit ladite étude.

*Vol des recettes*

L'ODEP cite les différents rapports de Transco qui déclare mobiliser 89% de ses recettes à Kinshasa, soit une moyenne annuelle de 15 millions USD par an ; 1,7 millions USD pour le réseau interurbain, c’est-à-dire Kinshasa et les provinces. 

Pour l'ODEP, une mauvaise utilisation de carburant se remarque au sein de Transco et certains de ces chiffres avancés sont ni crédibles ni réalistes.

"En se référant à ces chiffres, nous notons une utilisation non rationnelle de carburant, qui n’a aucun impact sur l’accroissement des recettes mensuel de 1,250 million USD de 500 bus. Ce qui représente une réalisation de 2 500 USD par bus et par mois, soit 96 USD par jour. Certains agents ont déclaré versé entre 200.000 FC et 250.000 FC (123 USD), soit 3 198 USD par mois. Ce qui représente une moyenne annuelle de 24 millions USD pour 400 bus mis en circulation. Ce qui démontre que les chiffres déclarés par Transco ne sont ni crédibles, ni réalistes", révèle l'ODEP.

Au regard de la megestion qui caractérise cette société des transports en commun, l'ODEP appelle le président de la République à procéder à la nomination des nouveaux mandataires et d'instruire une nouvelle mise en place au sein de la société avant l’acquisition des 450 nouveaux bus annoncés par le Ministère des transports et voie de communication.

Et au gouvernement
d’ordonner des poursuites judiciaires contre le Directeur général en suspension, son adjoint (actuellement intérimaire) et leurs collaborateurs, notamment le Directeur financier et le trésorier pour fraude, détournement des deniers publics, blanchement des capitaux et mauvaise gestion. Mais également, d’instituer un système de paiement électronique des tickets des passagers pour éviter la fraude lors du dépôt manuel des recettes à la banque.

Jordan MAYENIKINI

 
 

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