RDC : les sociétés pétrolières de l'ex-Katanga et du Kasaï annoncent la cessation d'activités à partir de ce jeudi 06 août

station essence
PAR Deskeco - 05 aoû 2020, Dans Actualités

Dans un communiqué rendu public par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) au niveau provincial, dont une copie est parvenue à DESKECO.COM, les sociétés pétrolières des provinces de l'ex-Katanga et celles de la région du Kasaï annoncent la cessation de leurs activités de distribution et de stockage des produits pétroliers à partir de ce jeudi 06 août. Ce, jusqu'à la publication de nouvelles structures des prix des produits pétroliers réadaptés aux conditions économiques actuelles.

"Les Sociétés pétrolières, regroupées au sein de la Fédération des entreprises du Congo, opérant dans la Zone Sud du pays portent à la connaissance de I'opinion nationale, plus particulièrement celle des provinces de I'ex-Katanga et celles de la région du Kasaï qu'elles procéderont à partir de ce jeudi 6 août 2020, à la cessation de leurs activités de distribution et de stockage des produits pétroliers et ce, jusqu'à la publication de nouvelles structures des prix des produits pétroliers qui tiennent compte de l'évolution actuelle des paramètres de I'environnement économique national et international", renseigne le communiqué de la FEC/Haut-Katanga.

Elles déplorent l'attitude du Gouvernement qui, à les en croire, refuse de revoir la structure des prix des produits pétroliers publiée Ie 7 mars 2020 en raison notamment de I'évolution très sensible des paramètres qui gouvernent la fixation des prix.

"En effet, les sociétés pétrolières ne peuvent s'expliquer I'attitude du gouvernement de la République, alors qu'à deux reprises, elles ont rencontré Madame la Ministre de l'Economie nationale pour la sensibiliser sur l'impérieuse nécessité de revoir la structure des prix des produits pétroliers publiée Ie 7 mars 2020 en raison notamment de I'évolution très sensible des paramètres qui gouvernent la fixation des prix tant au niveau national qu'international, qu'aucune décision allant dans Ie sens de cette révision ne soit prise jusqu'à ce jour", ajoute ce communiqué.

La profession pétrolière de cette partie du pays dit connaître d'énormes difficultés pour renouveler ses stocks, cela à cause du prix de vente actuel qui passe sous la barbe du Gouvernement. De ce fait, elle annonce son arrêt de distribution des produits pétroliers, de peur de disparaître.

"La profession pétrolière connait des difficultés énormes du fait que Ie prix de vente actuel décapitalise leurs entreprises au point qu'elles ne sont plus à mesure de renouveler leurs stocks. Pendant ce temps, et ce depuis plusieurs années Ie Gouvernement n'a pris aucune mesure de protection ni de soutien à ces entreprises, encore moins n'a apporté aucune réponse aux revendications des entreprises du secteur. La profession pétrolière est consciente des conséquences que pourrait engendrer cet arrêt de distribution des produits pétroliers mais malheureusement, n'a pas de choix, sinon elle va disparaître", peut-on lire sur ce communiqué.

Rappelons qu'après les négociations avec les opérateurs économiques du secteur des hydrocarbures au mois de mai dernier, le Gouvernement avait réussi à obtenir une réduction du prix à la pompe de 20%, soit de 2.200 FC le litre à 1.980 FC.

La crise sanitaire actuelle du coronavirus et le confinement qui touche environ la moitié de la population mondiale ont conduit à une chute de la demande de pétrole d’environ 30 %. Ce qui a induit une baisse du prix du pétrole sur le marché international. C'est dans ce contexte que le gouvernement centrale, par le truchement du ministère de l'Economie, avait revu à la baisse les prix du carburant en RDC.

Aussi, faut-il ajouter le fait qu’en mars dernier, l’Arabie Saoudite et la Russie ont accru leur production de façon à faire chuter le prix du baril encore plus bas. Cette stratégie, a priori surprenante, avait notamment pour objectif d’asphyxier les producteurs de pétrole de schiste américains.

Signalons également que début avril, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et la Russie ont changé de stratégie et se sont engagés à réduire leur production de 10 %. Mais face à une baisse de la demande de 30 %, les prix sont restés très bas.

Alors qu’avant le déclenchement de l’épidémie, le baril de pétrole Brent tournait autour de 65 dollars, il est momentanément passé sous les 20 dollars, soit le prix le plus bas en 20 ans.  Depuis 2019, le monde consomme environ l’équivalent de 100 millions de barils chaque jour. Selon l’Agence internationale de l’énergie la baisse de consommation pour le mois d’avril est de 30 % et sera de 25 % en mai.

Jordan MAYENIKINI

 
 

Articles similaires