RDC : Global Witness et PPLAAF qualifient d'abusive la plainte d'Afriland First Bank CD

Global Witness
PAR Deskeco - 03 juil 2020, Dans Actualités

Dans un communiqué parvenu aujourd'hui à DESKECO.COM, Global Witness et la Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF) condamnent la plainte pénale déposée en France le 1er juillet par Afriland First Bank visant leur enquête conjointe, « Des sanctions, mine de rien », publiée le 2 juillet. 

Selon ces deux ONGs, cette plainte fait suite à une menace faite par l'homme d'affaires sanctionné, M. Dan Gertler, par l'intermédiaire de ses avocats londoniens Carter-Ruck, "qui ont expressément évoqué la possibilité de déposer une telle plainte pénale, le 11 juin 2020".

« Nous invitons le public à lire notre enquête, « Des sanctions, mine de rien » pour comprendre le contexte des menaces de Dan Gertler et de la plainte pénale déposée par Afriland First Bank. Que deux des principaux sujets de notre rapport menacent, ou déposent une plainte pénale contre PPLAAF et Global Witness, va au-delà de la parodie », a déclaré Henri Thulliez, directeur de PPLAAF.

Pour Simon Taylor, co-fondateur de Global Witness, la substance de la plainte contre "ne résiste pas à l’examen des faits". Cette plainte est tout à fait abusive », a-t-il déclaré.

Dans une interview accordée après le dépôt de la plainte, Éric Moutet, avocat d'Afriland First Bank CD, a justifié en ces termes les motivations de cette action judiciaire : "Ce qu’on reproche, c’est déjà que des documents confidentiels ont été volés dans les fichiers de la banque Afriland First Bank Congo. Il y a déjà une première infraction évidente qui est celle de la violation du secret bancaire que nous visons expressément dans notre plainte. Il y a le vol et l’abus de confiance. Le procureur choisira la meilleure qualification qui lui appartiendra dans ce dossier. Nous avons également déposé une plainte sur des faits de chantage et de corruption dans la mesure où nous avons des témoignages extrêmement graves et des documents qui tentent à démontrer qu’il y a eu de la recherche frauduleuse de preuves, de la pression exercée sur des témoins et, à priori, de la falsification de documents. Nous avons de pièces au dossier qui les démontrent. Mais il faut encore une fois, et c’est l’aspect pénal de choses qui devra le confirmer, qu’un service de police judiciaire d’enquête, qu’il puisse maintenant prendre la main pour intervenir et comprendre comment tout cela a pu être rendu possible. Et pourquoi cela a été fait ? Par qui exactement ? Et qui sont derrière ces deux ONG ? Pourquoi Dan Gertler est de manière permanente leur cible ? Pourquoi la banque ?  Il y a un millier de questions qui se posent dans ce dossier. Et seuls les services d’enquête qui sont munis des autorisations, des habilitations nécessaires pourront le faire. Parce que nous, nous sommes des privés et nous n’avons pas les moyens d’une police judiciaire. Nous avons quelques pièces au dossier tout à fait troublantes".

Amédée Mwarabu

 
 

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