RDC : le franc congolais continue sa dépréciation

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PAR Deskeco - 18 mai 2020, Dans Actualités

Le gouvernement et la Banque centrale du Congo n’ont pas encore réussi à stabiliser le franc Congolais sur le marché des changes par rapport à d’autres monnaies étrangères dont principalement la devise américaine, le dollar. Depuis la semaine passée, le franc Congolais a franchi la barre de 1900 le dollar américain sur le marché parallèle notamment à Kinshasa.

Lors de sa conférence de presse le 30 avril 2020, le gouverneur de la BCC, Déogratias Mutombo, avait annoncé trois mesures  pour stabiliser la monnaie nationale sur le marché : l’ajustement budgétaire qui consiste à aligner les dépenses du gouvernement au niveau des recettes disponibles ; l’émission des Bons du trésor à valeur élevée pour lever des ressources financières supplémentaires sur le marché intérieur ; et la vente directe des dollars aux banques commerciales pour diminuer la pression sur le marché de change parallèle.

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Deux semaines après, la situation est loin de s’améliorer. Le franc Congolais continue à se déprécier avec comme corollaire la hausse des prix des biens et services sur le marché. Lors du Conseil des ministres du vendredi 15 mai, la ministre de l’Economie nationale a signalé la hausse des prix des produits pharmaceutiques sur la place de Kinshasa.

Pour autant, à la mi-mai 2020, la situation des Finances publiques ne s’est pas améliorée. Elle est, selon le ministre des Finances, « assez tenue » et mérite « une gestion plus que rigoureuse ». A cet effet, l’argentier national a fait des recommandations « au regard des engagements contractés par notre pays » par rapport notamment au Fonds monétaire national qui ne cesse d’interpeller le gouvernement Congolais à ne plus enregistrer des déficits budgétaire afin de préserver les équilibres du cadre macroéconomique.

C’est connu que la cause principale de la dépréciation du franc congolais était les avances monétaires de la banque centrale au gouvernement de la République. Le recours aux avances de la Banque centrale pour couvrir le déficit public a induit « une expansion non souhaitée de la masse monétaire, qui a exercé des pressions tant sur le marché des changes que sur le marché des biens et services ».

Tout aussi, le déséquilibre du marché des changes s’est aggravé  récemment sous l’effet de trois facteurs conjoncturels suivants : a) La rétention des devises par les opérateurs économiques pour motif de précaution en situation de confinement décrété par les pouvoirs publics face au covid-19 ;  b) Les difficultés d’importation des devises par les banques commerciales ; c) La baisse des cours des matières premières qui s’est accompagnée d’une diminution de l’offre de devises.

Amédée Mwarabu

 
 

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