RDC : le Plan de Trésorerie prend totalement en charge la gratuité de l’enseignement de base (Min. des Finances)

Gratuité de l’enseignement
PAR Deskeco - 20 fév 2020, Dans Actualités

Le Plan de Trésorerie publié en début de semaine par le Ministère des Finances table sur des recettes et des dépenses rabattues à environ 31% par rapport au Budget 2020 tel que voté au Parlement et promulgué par le président de la République. 

Au cours de la conférence de presse, tenue le mercredi 19 février, le directeur de cabinet du ministre des Finances, qui avait à ses côtés son collègue du ministère du Budget, a donné des assurances que ce Plan de Trésorerie n'impacte pas négativement le programme de la gratuité de l’enseignement de base prôné par le chef de l’Etat. 

« Je peux vous dire que pour ce qui est des salaires, c’est un droit acquis. Il n’y a pas de crainte à formuler quant à la poursuite de la prise en charge de l’enseignement de base. Il en est de même de la gratuité comme dépenses courantes c’est-à-dire transport et autres. Chaque mois, nous exécutons au titre de la gratuité de l’enseignement de base 42,5 milliards FC. C’est ce qui explique aujourd’hui que la masse salariale ramenée à l’ensemble des recettes avoisine 70% contre une norme internationale de 35% au maximum », a dit le professeur Vincent Ngonga Nzinga, répondant à la question de la presse sur l'impact du Plan de Trésorerie sur la gratuité de l’enseignement de base.

Par la même occasion, le directeur de cabinet du ministre des Finances a souligné la nécessité pour le gouvernement de mobiliser suffisamment des recettes pour faire face aux dépenses du gouvernement. 

"Vous comprenez que chaque fois ça nous ramène à la nécessité de ce que le chef de l’Etat a appelé comme priorité nationale dans son discours sur l'état de la nationale à savoir la mobilisation des recettes. C’est la priorité nationale. Cela voudrait dire qu’aujourd’hui pour respecter le ratio rémunérations sur les recettes fiscales, il faut accroitre les recettes nécessairement. Et pour cela, nous avons des mesures d'accompagnement qui sont à notre portée. Encore faudrait-il que toute les couches de la population soient concernées", a renchérit Vincent Ngonga qui s'est plaint notamment du fait que l'ordre opérationnel de quatre services dans les postes frontaliers n'est pas toujours respecté à ce jour. 

« En ce qui concerne par exemple la mobilisation des recettes, dans l’ordre opérationnel, il faut juste 4 services au niveau des postes frontaliers. Mais, aujourd’hui on en trouve une vingtaine voire une trentaine dans les postes frontaliers. Il faudrait revenir à cet ordre opérationnel. Et en ce qui concerne les entrepôts, ne peuvent y accéder que les agents et cadres de la DGDA. Mais, aujourd’hui il y a des enlèvements d’urgence sans régularisation du fait des personnes non habilitées. Tout ça ce sont des problèmes qui nécessitent l’implication de tous les citoyens", a-t-il dit. 

Pour le directeur de cabinet du ministre des Finances, la RDC doit forcément accroître la pression fiscale pour parvenir à dégager les moyens nécessaires pour le gouvernement. Pour lui, la mobilisation des recettes est une "priorité nationale". 

« Il faut savoir qu’aujourd’hui la mobilisation des recettes c’est une priorité nationale mais aussi une question de vie ou de mort pour notre nation. Nous ne pouvons pas continuer à avoir des recettes avoisinant 5 à 6 milliards de dollars américains au regard des richesses qui sont produites en RDC. Aujourd’hui, le PIB avoisine 60 milliards USD par an. Si on parvenait à avoir une pression fiscale équivalente à la moyenne africaine, on aurait facilement 12 milliards de dollars de recettes chaque année. Il faudrait que ces mesures arrêtées en accompagnement du budget 2020 soient effectivement exécutées pour s’attendre à ce que les niveaux des recettes croissent potentiellement », a-t-il soutenu.

Amédée Mwarabu 

 
 

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