Le secteur de la sous-traitance en République démocratique du Congo a connu une progression ces trois dernières années, malgré un ralentissement observé en 2025. Le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, a révélé ce lundi à Kinshasa que le chiffre d’affaires du secteur est passé de 300 millions USD en 2022 à plus de 2 milliards USD en 2023, avant d’atteindre 2,4 milliards USD en 2024.
Prenant la parole lors d’une conférence de presse animée aux côtés du ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, le patron de l’ARSP a toutefois indiqué qu’un recul a été enregistré en 2025, avec un chiffre d’affaires estimé à 1,7 milliard USD.
Selon Miguel Kashal Katemb, cette baisse s’explique principalement par la situation sécuritaire dans l’est du pays. Il a évoqué les conséquences de « la guerre d’agression » sur les activités économiques, notamment dans plusieurs secteurs stratégiques où la sous-traitance joue un rôle important.
Le DG de l’ARSP a, par ailleurs, rappelé les exigences de la loi congolaise en matière de sous-traitance. Celle-ci réserve ce marché aux entreprises dont au moins 51 % du capital est détenu par des Congolais, tandis que la participation étrangère ne peut dépasser 49 %. Une mesure que l’ARSP présente comme un levier destiné à renforcer l’entrepreneuriat national et à favoriser la création d’emplois locaux.
Dans le cadre de l’assainissement du secteur, l’ARSP affirme avoir intensifié les contrôles sur le terrain. Au Kongo Central, plus de 50 sous-traitants opérant au port MGT de Matadi ont été radiés, tandis que 408 autres entreprises actives auprès de quatre cimentiers de la province ont également été exclues pour non-conformité à la réglementation sur l’actionnariat congolais.
« Ceux qui veulent faire de l’argent en RDC doivent s’y installer, créer des emplois et développer l’économie nationale », a déclaré Miguel Kashal Katemb, estimant que cette politique marque « la fin annoncée du business offshore » dans le secteur de la sous-traitance.
L’ARSP a également annoncé de nouvelles restrictions visant les entreprises minières. Désormais, celles-ci ne pourront plus assurer directement la commercialisation de certains intrants stratégiques comme l’acide sulfurique, la chaux vive ou encore le charbon. Ces activités devront être confiées à des sous-traitants agréés, conformément aux nouvelles orientations de régulation du secteur.
Malgré les sanctions prises, l’Autorité de régulation laisse une possibilité de régularisation aux entreprises concernées. Les sociétés radiées disposent d’un délai de 30 jours pour se conformer aux exigences légales, relancer les appels d’offres et, si nécessaire, introduire des recours auprès de l’ARSP.
Jean-Baptiste Leni