Enquête sur TFM pour pollution de l'air: "la réaction du gouvernement ne doit pas être une façade, mais une réalité" (Jean-Claude Mputu, porte-parole du CNPAV)

JC Mputu
JC Mputu
PAR Deskeco - 20 mar 2026 06:38, Dans Mines

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la société Tenke Fungurume Mining (TFM), à la suite d’informations relayées par certains médias internationaux faisant état d’une supposée pollution de l’air. Une initiative saluée par la société civile, qui y voit un signal encourageant, tout en appelant à des actions concrètes.

Pour Jean-Claude Mputu, porte-parole du Congo n'est pas à vendre (CNPAV), cette réaction officielle marque une avancée notable.

« Le communiqué du gouvernement relatif aux allégations de pollution à Tenke Fungurume a une importance capitale. C’est la première fois que le gouvernement réagit immédiatement avec dextérité à un rapport publié par la société civile sur la pollution de l’air affectant les habitants autour du site. C’est une excellente nouvelle », a-t-il déclaré dans une interview accordée à DESKECO.COM.

Toutefois, au-delà de cette réaction rapide, des interrogations persistent quant à la suite du processus. La société civile s’interroge notamment sur la portée réelle de l’enquête annoncée : sera-t-elle effectivement menée, indépendante et transparente ?

Jean-Claude Mputu souligne également que les allégations de pollution ne constituent pas un cas isolé. À Kolwezi, d’autres entreprises minières ont déjà été accusées par des organisations de la société civile de polluer l’air et l’environnement.

Face à cette situation, il appelle les autorités à élargir leur démarche:  

« Le gouvernement devrait profiter de ce qui se passe aujourd’hui à Tenke Fungurume pour mener un audit général de la question environnementale autour des sites miniers, en particulier dans les zones urbaines comme Kolwezi ».

Pour lui, cette initiative doit marquer un tournant. 

« Il est essentiel que cette réaction ne soit pas une simple annonce de façade, mais une réalité, non seulement pour Tenke Fungurume, mais pour l’ensemble des sites miniers du pays, dans l’intérêt des populations », insiste-t-il.

La société civile attend désormais des résultats concrets. Elle plaide pour une enquête transparente, indépendante et exhaustive, dont les conclusions devront être rendues publiques. En cas de confirmation des faits de pollution, le porte-parole du CNPAV estime que des mesures de redevabilité doivent être prises.

« L’entreprise devra assumer la dépollution, prendre en charge les soins de santé des personnes affectées, réparer les préjudices causés à la communauté et s’engager à prévenir toute récidive », affirme-t-il.

« Cette enquête devrait s’appesantir sur le respect des lois environnementales autour des sites miniers. Il est donc essentiel qu’elle permette de déterminer ce que prévoit l’étude d’impact environnemental de TFM dans de telles situations. Cette étude devrait également être rendue publique, afin que la population et la société civile puissent comprendre les mécanismes mis en place par les entreprises minières pour gérer leur impact sur l’environnement dans lequel vivent les communautés depuis plusieurs années. » a-t-il conclu

Quelle est la position de TFM dans cette affaire ?

La société minière Tenke Fungurume Mining (TFM) a , de son côté, contesté les conclusions d’un rapport publié par l’Environmental Investigation Agency (EIA), qu’elle juge « factuellement inexact » et fondé sur des « hypothèses non étayées ». Selon l’entreprise, toutes les préoccupations soulevées dans cette enquête ont fait l’objet de réponses de sa part. Toutefois, elle regrette que ses explications n’aient été reprises « ni avec exactitude ni dans leur intégralité » dans le rapport final.

Divine Mbala

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