RDC : le FMI met la pression sur Félix Tshisekedi pour la mobilisation des recettes et l'orthodoxie budgétaire

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PAR Deskeco - 25 fév 2020, Dans Finances

Le tendon d’Achille de tous les gouvernements qui se sont succédé en République démocratique du Congo, depuis la reprise de la coopération structurelle avec les institutions financières de Bretton Woods en 2002, a  toujours été le faible niveau de mobilisation des recettes. Il en est de même du gouvernement de Sylvestre Ilunkamba.

Pour preuve, le Plan de Trésorerie du ministère des Finances, avalisé par le Conseil des ministres, rabat de 31% les recettes fiscales et non fiscales du Budget 2020 tout en proposant le budget dit "réaliste" conforme à la conjoncture de janvier et février 2020.

En mission d’une semaine en RDC pour rencontrer les responsables des institutions financières notamment ceux de la Banque centrale du Congo, la délégation du FMI a rencontré tour à tour le Premier ministre et le Président de la République.

Mauricio Villafuerte, le chef de cette délégation, après son audience lui accordée par le chef de l’Etat, a déclaré à la presse  que sa mission à Kinshasa consistait à se rendre compte de la situation économique avec le gouvernement  pour rendre beaucoup plus performante l'économie congolaise.

Bien plus, il a ajouté avoir examiné avec le président de la République « les défis pour la mise en œuvre du plan économique du gouvernement », précisant que son entrevue avec le Chef de l'État était surtout focalisée sur « la manière d'augmenter les recettes, en vue de faire face aux besoins de développement et, en même temps, comment maintenir la discipline budgétaire ».

En 2019, le gouvernement a enregistré un déficit de 497, 241 milliards  FC (297,927 millions USD) dans les finances publiques.

Au 31 janvier 2020, le solde du compte du trésor a affiché un déficit de 99,9 milliards FC contre un déficit programmé de 41,7 milliards FC. Ce déficit a été largement causé par le dépassement budgétaire dans les dépenses des institutions politiques et les ministères, comme c’est toujours le cas.

En 2019, la présidence de la République a accusé un dépassement budgétaire de 111%  pour avoir consommé 176 millions USD contre des crédits votés plafonnés à 80,77 millions USD.

La primature a consommé en 2019 un montant de 62 427 584 919 FC (37,404 millions USD) contre des prévisions linéaires de 46 811 339 050 FC (28,047 millions USD), soit un taux de dépassement de 33,36%.

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De même, l’Assemblée nationale a consommé 198 593 787 143 FC contre des prévisions annuelles plafonnées à 46 811 339 050 FC, soit un taux de dépassent budgétaire de 33,35%.

Autant dire que pour l’exercice 2020, le gouvernement devra se plier à la discipline budgétaire. Et donc, le président de la République, en tant que garant du bon fonctionnement des institutions, devra veiller à ce que le revenu national soit équitablement distribué à l’ensemble des couches sociales du pays.

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Face à un challenge de mobiliser 11 milliards USD en 2020, le chef de l’Etat est appelé à faire pression sur ses ministres pour qu’ils parviennent à maximiser les recettes publiques. Cela passe forcément par la mise en œuvre des mesures d’accompagnement pour la mobilisation des recettes et une lutte déterminée et efficace contre la corruption et le coulage des recettes.

Pour le FMI, le gouvernement doit mobiliser suffisamment des fonds pour avoir les moyens de sa politique et notamment les prévisions du Budget 2020. Au cas contraire, il faudra plafonner les dépenses publiques et se rabattre au plan de Trésorerie publié par le ministère des Finances. Et dans ce cas, il faudra que les  dépenses publiques soient gérées avec la même rigueur dans l’intérêt général de toutes les rubriques inscrites.

Amédée Mwarabu

 
 

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