RDC : HRW met la pression sur Kinshasa après des alertes sur les pollutions environnementales et sanitaires des activités de Perenco au Kongo-Central

Pollution industrielle.
Pollution industrielle.
PAR Deskeco - 01 aoû 2026 15:43, Dans Mines

 

Human Rights Watch (HRW) alerte sur les risques environnementaux et sanitaires que pourraient entraîner les activités pétrolières de Perenco dans le territoire de Muanda, dans la province du Kongo-Central, dans l'ouest de la RDC. Dans un rapport rendu public récemment, l'organisation de défense des droits humains met en cause certaines pratiques de la compagnie franco-britannique, seule entreprise produisant actuellement du pétrole en RDC, et appelle les autorités congolaises à publier les résultats d'un audit environnemental commandé en 2024.

Pour étayer ses conclusions, Human Rights Watch indique avoir mené, en janvier 2026, des entretiens avec 45 personnes, en plus d'avoir analysé des images satellitaires et des vidéos provenant de sources locales. Ces investigations auraient permis à l'organisation de recueillir des informations faisant état de plusieurs pratiques susceptibles d'avoir des conséquences sur l'environnement et la santé des populations riveraines des installations pétrolières.

Parmi les faits dénoncés figurent notamment le torchage du gaz, l'incinération de déchets à proximité de certains villages ainsi que des déversements présumés de pétrole provenant de puits et de pipelines dans les sols et les cours d'eau. Pour HRW, ces pratiques soulèvent des préoccupations concernant la qualité de l'air, des terres et des ressources en eau utilisées par les communautés locales.

L'organisation s'inquiète particulièrement des conséquences possibles de ces activités sur la santé des habitants vivant à proximité des sites d'exploitation. Elle cite notamment le témoignage d'un responsable d'un établissement hospitalier local, selon lequel les villages où sont implantées des infrastructures pétrolières enregistreraient davantage de maladies respiratoires que les zones qui ne sont pas concernées par la production de pétrole.

Au-delà des questions sanitaires, les préoccupations soulevées par Human Rights Watch renvoient également aux conditions de vie des communautés installées autour des zones d'exploitation. Dans une région où les populations dépendent largement des ressources naturelles pour leurs activités quotidiennes, notamment l'agriculture et la pêche, une éventuelle contamination des sols ou des cours d'eau pourrait avoir des conséquences économiques et sociales importantes.

La question de la responsabilité environnementale des compagnies pétrolières intervient alors que la RDC cherche à développer davantage son secteur des hydrocarbures. Le pays dispose de ressources pétrolières encore largement sous-exploitées, notamment dans le bassin côtier du Kongo-Central ainsi que dans les bassins de la Cuvette centrale et du Graben Albertine. Le gouvernement congolais considère l'exploitation de ces ressources comme une source potentielle de revenus et un levier de développement économique, tout en étant confronté à la nécessité de concilier cette ambition avec la protection de l'environnement et les intérêts des communautés locales.

Perenco est présente depuis plusieurs années dans le Kongo-Central, où elle exploite des gisements pétroliers terrestres et offshore. La compagnie constitue actuellement le principal acteur de la production pétrolière congolaise. Ses activités font toutefois régulièrement l'objet de préoccupations de la part d'organisations de la société civile et de communautés locales qui demandent davantage de transparence sur les impacts environnementaux de l'exploitation.

Face à ces inquiétudes, les autorités congolaises avaient commandé, en décembre 2024, un audit environnemental des activités de la compagnie, à la suite de plusieurs signalements. Selon Human Rights Watch, aucune information publique n'a cependant été communiquée à ce jour sur le calendrier de publication des conclusions de cet audit.

L'ONG demande donc au gouvernement congolais de rendre publics, sans délai, les résultats provisoires de cette évaluation afin de permettre aux populations concernées et aux autres parties prenantes d'être informées de la situation environnementale dans les zones d'exploitation.

Pour Human Rights Watch, la publication de ces données permettrait également d'établir les responsabilités éventuelles et de déterminer les mesures à prendre pour prévenir ou limiter les risques de pollution. L'organisation estime que les populations vivant à proximité des installations pétrolières doivent pouvoir accéder à des informations fiables sur la qualité de leur environnement et sur les risques auxquels elles pourraient être exposées.

Jean-Baptiste Leni

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