Lors de sa visite à Houston, au Texas, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, s'est entretenu avec Frank W. Garcia Jr., secrétaire d'État adjoint américain chargé des Affaires africaines. Lors de cette rencontre, les deux personnalités ont échangé sur l'évolution de la coopération entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, notamment dans les domaines des investissements, des minerais critiques et de la santé publique.
Leurs discussions ont notamment porté sur les projets liés aux minerais critiques, les possibilités d'investissements dans les infrastructures ainsi que le développement des capacités locales de transformation des ressources naturelles congolaises. Félix-Antoine Tshisekedi et Frank W. Garcia Jr ont également abordé les questions de sécurité dans la région des Grands Lacs, considérées comme indispensables à l'attractivité économique et à la mise en œuvre des projets de développement.
La question de la maladie à virus Ebola a occupé une place importante dans les discussions. Le chef de l'État congolais a exprimé sa reconnaissance envers l'administration américaine pour son soutien dans la lutte contre les différentes flambées épidémiques enregistrées en RDC. Il a également alerté sur les risques que représenterait une propagation du virus dans les zones touchées par l'insécurité dans l'Est du pays.
Selon les chiffres disponibles, les États-Unis ont engagé plus de 200 millions USD directement consacrés à la riposte contre Ebola. En ajoutant les financements humanitaires connexes évalués à 350 millions USD ainsi que les 107 millions USD mobilisés par le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC), l'appui américain dépasse désormais 650 millions USD.
« Toutefois, le Chef de l'État et son hôte ont convenu que la stabilité économique est conditionnée par la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs. S'agissant de la guerre dans la partie Est de la RDC, le Président de la République a salué le leadership de l'administration américaine dans les efforts de paix et de stabilisation de la région des Grands Lacs ; il a invité les États-Unis à poursuivre leur soutien diplomatique en faveur d'une paix durable et du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC ; et a rappelé l'urgence du retrait effectif à la mi-juillet de l'armée rwandaise », indique une communication de la présidence.
Avant d'ajouter :
« Abordant la question de la maladie à virus Ebola, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a exprimé la reconnaissance de la RDC pour le soutien reçu de l'administration américaine dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola. Il a présenté la menace qu'une propagation d'Ebola dans les zones occupées ferait peser sur toute la région. Sur le même sujet, le Chef de l'État a déploré le traitement infligé à la République démocratique du Congo (RDC) depuis la réapparition de cette maladie dans la province de l'Ituri. »
Cette rencontre intervient plusieurs mois après la signature, le 4 décembre 2025, de l'accord de partenariat entre la RDC et les États-Unis. Défendant récemment cet accord lors de Makutano Talk 2026, le vice-Premier ministre et ministre de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, avait insisté sur le respect intégral du cadre juridique congolais.
Face aux interrogations de plusieurs acteurs économiques et de la société civile, il avait assuré que les investisseurs américains demeurent soumis aux mêmes règles que toutes les autres entreprises opérant sur le territoire national.
« Le texte, cet accord, reconnaît pleinement la législation congolaise comme étant celle qui s'applique en RDC. Si vous parcourez l'accord, vous ne trouverez aucune référence qui pourrait prendre le dessus sur les dispositions légales en vigueur. La loi sur la sous-traitance, la loi sur le contenu local, ces lois s'appliqueront. Et elles s'appliqueront à ces investisseurs américains de la même manière qu'elles s'appliqueront à toutes les autres entreprises installées en République démocratique du Congo. Il n'y a aucune disposition de cet accord qui conférerait un statut particulier quelconque aux entreprises américaines qui vont tirer profit de cet accord pour entrer dans les secteurs économiques congolais », avait déclaré Daniel Mukoko Samba.
Le ministre de l'Économie nationale avait également rejeté les accusations selon lesquelles cet accord porterait atteinte aux intérêts du pays. Selon lui, la publication du texte a permis à plusieurs observateurs de mieux comprendre sa portée et son contenu.
À travers cet échange entre Tshisekedi et Frank W. Garcia Jr. à Houston, Kinshasa et Washington affichent leur volonté de poursuivre une coopération axée à la fois sur les investissements, la valorisation des ressources minières, la stabilité régionale et les défis sanitaires auxquels la RDC reste confrontée. Il reste à savoir ce que l'avenir réserve quant à ce partenariat.
Jean-Baptiste Leni