RDC : les contre-performances des régies financières ont freiné le financement des investissements publics en 2024, selon la Cour des comptes

Franc Congolais
Franc Congolais
PAR Deskeco - 11 juin 2026 10:26, Dans Finances

 

La mobilisation des recettes publiques demeure l'un des principaux défis des finances de la République démocratique du Congo. Dans son rapport annuel 2024-2025, la Cour des comptes révèle que les régies financières n'ont pas atteint leurs objectifs de collecte, entraînant un manque à gagner de plus de 3 730 milliards de francs congolais.

Selon le document, les moins-values observées concernent l'ensemble de principales administrations de recettes. La Direction générale des douanes et accises (DGDA) affiche un déficit de mobilisation de 843,4 milliards de francs congolais. 

De son côté, la Direction générale des impôts (DGI) enregistre pour sa part un écart de 1 164,8 milliards, tandis que la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) accuse un manque de 1 470,2 milliards de francs congolais. Le secteur pétrolier représente à lui seul 251,9 milliards de francs de recettes non réalisées.

Pour la Cour des comptes, cette contre-performance intervient alors que les besoins de financement des politiques publiques demeurent importants. Elle risque de réduire les marges de manœuvre du gouvernement dans la mise en œuvre de plusieurs programmes de développement.

Le rapport met également en évidence le faible niveau d'utilisation des financements extérieurs. Sur des tirages prévus à hauteur de 1,75 milliard de dollars américains, seuls 944 millions de dollars ont été effectivement mobilisés, soit un taux d'exécution de 53,83 %.

La Cour des comptes estime que cette situation pourrait retarder l'exécution des projets financés par emprunts extérieurs. Elle expose également le pays à des coûts supplémentaires liés aux commissions prélevées sur les montants mis à disposition mais non décaissés.

Au-delà des questions financières, la Cour attire l'attention sur les difficultés à mesurer les résultats concrets des dépenses publiques. L'examen des rapports annuels de performance révèle que plusieurs indicateurs ne renseignent pas les réalisations enregistrées au cours de l'exercice 2024.

Cette insuffisance d'informations complique l'évaluation de l'efficacité des programmes publics et limite la capacité des institutions de contrôle à apprécier l'impact réel des ressources engagées.

Face à ces constats, la Cour des comptes formule plusieurs recommandations destinées à améliorer l'exécution des budgets publics. Elle préconise notamment le renforcement des mécanismes de mobilisation et de sécurisation des recettes à travers l'élargissement de l'assiette fiscale, la mise à jour régulière des fichiers des contribuables ainsi qu'un meilleur contrôle des circuits de recouvrement. L'institution recommande également la mise en place de systèmes de traçabilité des recettes et le renforcement des contrôles internes afin d'assurer une meilleure fiabilité des ressources publiques.

La Cour appelle par ailleurs à une amélioration de la planification budgétaire. Elle invite les autorités à élaborer des prévisions plus réalistes, fondées sur les capacités effectives de mobilisation des ressources et sur des projets suffisamment préparés. Cette démarche devrait permettre d'aligner davantage les dépenses publiques sur les priorités de développement et de renforcer la crédibilité des budgets.

À travers ces constats et recommandations, la Cour des comptes met en lumière un double défi pour les finances publiques congolaises : accroître les recettes effectivement mobilisées et améliorer l'utilisation des ressources disponibles afin de soutenir la réalisation des projets attendus par les populations.

Jean-Baptiste Leni

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