Accords de Washington : l’entreprise Virtus minerals accusée d’avoir menti sur son « expérience minière » en RDC (Reuters)

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PAR Deskeco - 21 avr 2026 13:49, Dans Corruption

L’entreprise Virtus, qui a racheté les actifs miniers de Chemaf dans le cadre des accords de Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis d’Amérique, aurait menti sur son expérience minière en RDC. C’est ce que révèle une enquête de l’agence Reuters, consultée par Deskeco.com.

En effet, Virtus « a indiqué sur son site web qu’elle avait fait ses preuves en RDC grâce à l’exploitation d’une usine de traitement de cuivre et de cobalt ». L’entreprise a affirmé sur son site en avril 2025 que son PDG Phil Braun a créé et exploite la seule entreprise américaine d’extraction et de traitement de cuivre et de cobalt en RDC par l’intermédiaire de sa filiale ROK Metals. Selon Reuters, ce qui lui aurait donné l’avantage de gagner le marché d’achat de Chemaf à 30 millions USD, face à d’autres concurrents.

Pourtant, ROK Metals, la seule présence identifiable de Virtus en RDC, « n’a pas acheté l’usine de traitement de cuivre et de cobalt, inactive depuis longtemps, qu’elle cherchait à acquérir à Likasi, dans la province du Haut-Katanga, dans le Sud-Est », selon Reuters.

Virtus Minerals n’a donc jamais acheté cette usine, et celle-ci est à l’arrêt depuis 2012 : son « expérience » était donc fausse ou très exagérée, selon Reuters, qui évoque « des documents de l’entreprise, des dossiers judiciaires liés à la vente contestée de l’usine et cinq sources ayant une connaissance directe du dossier » pour appuyer ses arguments.

Ni Kinshasa ni Washington ne commentent

Reuters indique que, du côté congolais comme du côté américain, personne n’a répondu à ses questions précises sur l’expérience que détiendrait Virtus Minerals dans l’industrie minière congolaise.

Le porte-parole du département d’État américain a dit soutenir les efforts de Virtus Minerals pour acquérir et développer les actifs, qui démontrent « que l’intérêt du secteur privé américain est réel et qu’il catalysera davantage d’investissements », sans répondre à des questions précises sur l’expérience de l’entreprise en RDC.

Et même les cités, notamment le PDG de Virtus ainsi que certains de ses proches collaborateurs, ont refusé de commenter les conclusions auxquelles a abouti Reuters.

Du côté congolais également, silence radio. Qu’il s’agisse du ministère des Mines de la RDC ou de la Gécamines, qui détient le bail des mines de Chemaf, personne n’a réagi aux conclusions de Reuters sur l’expérience minière de Virtus Minerals en RDC.

Des questions sur la transparence du deal RDC-USA

Ces accusations suscitent pourtant des questions sur la transparence et la traçabilité, pourtant prônées par les accords de Washington entre la RDC et les États-Unis, des faits pourtant reprochés aux accords entre la Chine et la RDC.

Les États-Unis, par l’intermédiaire de leur département d’État, avaient salué les efforts de Virtus Minerals dans l’acquisition des actifs de Chemaf, qui démontrent « que l’intérêt du secteur privé américain est réel et qu’il catalysera davantage d’investissements ».

Ce partenariat vise à aider la RDC à attirer des investissements américains dans ses mines, en échange d’un accès privilégié aux minerais critiques (cobalt, cuivre, lithium…), pour contrer la domination chinoise. En effet, la RDC produit plus de 70 % du cobalt mondial, un composant clé des batteries pour véhicules électriques, et possède d’immenses réserves de cuivre et de lithium. 

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