La société minière Tenke Fungurume Mining (TFM) a fermement contesté les conclusions d’un rapport publié le 9 mars 2026 par l’Environmental Investigation Agency (EIA), qu’elle juge « factuellement inexact » et reposant sur des « hypothèses non étayées ».
Dans une déclaration, TFM affirme avoir répondu de manière ouverte et transparente aux préoccupations soulevées par l’EIA dès le 29 janvier, avec une réponse écrite transmise le 10 février. Toutefois, l’entreprise regrette que ses explications n’aient « ni été reprises avec exactitude ni dans leur intégralité » dans le rapport final, dénonçant une atteinte à sa réputation due à la diffusion d’informations erronées et non vérifiées.
Un système de surveillance contesté
TFM réfute notamment l’affirmation selon laquelle elle ne disposerait que d’un système de surveillance environnementale passif. L’entreprise indique avoir mis en place un double dispositif, combinant un suivi actif quotidien et un contrôle passif mensuel.
Selon ses données internes couvrant la période de fin 2024 à début 2025, les concentrations de dioxyde de soufre (SO₂) seraient restées conformes aux normes en vigueur en République démocratique du Congo ainsi qu’aux lignes directrices environnementales de la Société financière internationale (SFI). Un pic d’émissions enregistré fin 2023, lors de la mise en service de l’usine 30K, aurait été « rapidement identifié et corrigé », précise TFM.
Critiques sur la méthodologie de l’EIA
L’entreprise pointe également des « lacunes » dans la méthodologie de collecte de données de l’EIA, évoquant l’usage d’équipements de faible précision, une manipulation inappropriée des échantillons et des résultats jugés incohérents avec les schémas de dispersion environnementale.
Sur la question sanitaire, TFM affirme qu'« aucun lien de causalité » n’a été établi entre ses activités et les problèmes de santé rapportés dans les communautés environnantes. Elle relève plusieurs incohérences dans le rapport, notamment une attribution d’impacts sanitaires à l’année 2022, alors que l’usine 30K n’est entrée en service qu’en août 2023.
L’entreprise critique aussi l’absence de données comparatives, le manque de prise en compte des facteurs externes tels que l’amélioration de l’accès aux soins, ainsi que l’utilisation de données issues d’un seul établissement de santé pour tirer des conclusions à l’échelle régionale.
En outre, TFM assure que la sécurité des travailleurs demeure une « priorité absolue », affirmant qu’aucun incident avéré lié à des expositions au SO₂ n’a été enregistré en 2024 et 2025. Elle souligne par ailleurs l’existence d’une politique interne permettant à tout employé d’interrompre une activité jugée dangereuse sans risque de représailles.
Se présentant comme une entreprise engagée en matière de responsabilité environnementale, TFM met en avant ses certifications, notamment celle du programme Copper Mark. Elle se dit ouverte à tout contrôle externe « fondé sur des faits » et au dialogue avec les parties prenantes.
Toutefois, la société prévient qu’elle « ne peut accepter des allégations non étayées » et se réserve le droit de prendre « les mesures appropriées » face aux inexactitudes contenues dans le rapport de l’EIA.
Divine Mbala