RDC : Le gouvernement déplore une nouvelle tragédie dans le périmètre minier de Rubaya sous exploitation illégale

Creuseurs artisanaux. Photo droits tiers
Creuseurs artisanaux. Photo droits tiers
PAR Deskeco - 09 mar 2026 11:07, Dans Actualités

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a appris avec une profonde consternation la tragédie humaine survenue, le samedi 7 mars 2026 aux environs de 4 heures du matin, à la suite d’un glissement de terrain massif ayant englouti des galeries du site minier Gakombe, également désigné sous le nom de Gatambi Kalambairo, situé dans le périmètre du PE-16159 de la Sakima à Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.

Dans un communiqué rendu public dimanche soir, le ministère de la Communication et des Médias, qui cite les premières informations recueillies, dresse un bilan provisoire de ce énième drame :

« Ce glissement de terrain survenu après des pluies diluviennes, dans un contexte de creusage intensif, non contrôlé et illégal orchestré par le M23/AFC soutenu par le Rwanda, a causé la mort de plusieurs personnes, parmi lesquelles des nourrissons et des enfants. De nombreux blessés sont également signalés, ainsi que d’importants dégâts matériels ayant touché des habitations situées à proximité du site minier dans le village de Kalambairo, laissant la population affectée dans un profond traumatisme ». 

La source déplore que « la sécurité de cette région demeurant compromise par la coalition d’agression et d’occupation M23/AFC/RDF, l’accès à la zone du drame reste limité, empêchant pour l’instant l’établissement d’un bilan précis de cette catastrophe par des sources indépendantes et locales ». 

En ces circonstances douloureuses, le gouvernement présente ses condoléances les plus émues aux familles des victimes, exprime sa profonde compassion aux communautés de Rubaya et du territoire de Masisi, et assure les blessés et les survivants de la solidarité de la Nation.  Cette catastrophe intervient après celles survenues les 28 janvier et le 3 mars 2026 sur les sites miniers de Rubaya, qui ont brutalement interrompu la vie de plusieurs centaines de compatriotes en l’espace de 37 jours, principalement des creuseurs artisanaux contraints de travailler dans des conditions extrêmement dangereuses. La répétition de ces événements tragiques met une nouvelle fois en évidence les risques extrêmes auxquels sont exposées les populations civiles dans cette zone minière, notamment les creuseurs artisanaux et les enfants, forcés de travailler dans des galeries instables et non sécurisées. 

Il y a lieu de rappeler que le périmètre minier de Rubaya est classé au statut de « zone rouge », ce qui entraîne l’interdiction formelle de toute activité d’extraction, de transformation et de commercialisation des minerais qui en sont issus. Les activités de creusage qui s’y poursuivent constituent dès lors une violation flagrante de la législation congolaise et des normes élémentaires de sécurité, dans un contexte marqué par l’occupation armée de la zone et l’exploitation illégale des ressources naturelles. 

Le gouvernement souligne que ces activités s’inscrivent dans un système organisé et durable d’exploitation illégale des ressources naturelles de la République démocratique du Congo, mis en place par la coalition AFC/M23 soutenue par le Rwanda afin d’alimenter une économie de guerre. 

Dans le même document, la RDC appelle la communauté internationale à prendre la pleine mesure de cette tragédie humaine, conséquence directe de l’exploitation illégale des ressources naturelles de la République démocratique du Congo dans une zone sous occupation armée, et réaffirme la détermination du pays à défendre sa souveraineté, à protéger l’intégrité de son territoire et à préserver ses ressources naturelles. 

Le gouvernement rassure qu’il poursuivra ses efforts visant à rétablir l’intégrité territoriale de la République, condition indispensable pour mettre fin à l’exploitation illégale et dangereuse des ressources naturelles et garantir un encadrement légal et sécurisé des activités minières. 

Dans ce contexte, renseigne le communiqué, l'État congolais a pris des dispositions pour porter devant les juridictions compétentes tous ceux qui bénéficient de près ou de loin de cette exploitation illégale des minerais. Il veillera à documenter les violations des droits humains ainsi que les circuits de commercialisation illégale des minerais provenant de zones sous occupation, afin que les responsabilités soient pleinement établies. 

Bienvenu Ipan

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