RDC : le FMI dicte ses exigences au gouvernement et à la Banque centrale dans la perspective d'une croissance durable

La DG du FMI et le Président de la RDC
La DG du FMI et le Président de la RDC
PAR Deskeco - 17 déc 2021 11:10, Dans Finances

A la suite de l’approbation, le 15 décembre 20212, par le Conseil d’administration de la première revue du Programme triennal avec le gouvernement de la RDC et du décaissement de 212,3 millions USD, soit la deuxième tranche de la Facilité de crédit rapide, le Fonds monétaire internationale (FMI) fait savoir ses exigences tant au gouvernement qu’à la Banque centrale du Congo (BCC) dans le cadre d’une meilleure mise en œuvre de cet accord formel conclu le 15 juillet 2021.

Passant au peigne fin l’économie de la RDC, le Conseil d’administration du FMI a commencé par distribuer des bonnes notes au gouvernement congolais en indiquant : Malgré la persistance de la pandémie de COVID-19, l'économie se redresse ; la croissance pour 2021-2022 a été révisée à la hausse à 5,4% et 6,2% respectivement, soutenue par une production minière plus élevée que prévu et un rebond de la croissance non extractive ; l'inflation est restée ancrée à environ 5 pour cent ; les développements extérieurs meilleurs que prévu, soutenus par les prix élevés des matières premières, ont permis une augmentation significative des réserves internationales brutes à 3,3 milliards de dollars à la mi-octobre 2021 (contre 0,8 milliard de dollars fin 2020) ;  l'augmentation des recettes fiscales a permis des dépenses supplémentaires, principalement d'investissement, sans remettre en cause le déficit budgétaire de la fin 2021.

Cependant, malgré ces bonnes notes, la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, à l'issue des débats du Conseil d'administration, n’y est allé par le dos de la cuillère pour dire expressément ce que les dirigeants de la RDC et la Banque centrale doivent faire pour maintenir le cap et assurer une croissance inclusive et durable notamment en 2022.

Pour le compte du gouvernement, la DG du FMI donne comme recommandations :

  • La politique budgétaire doit rester prudente ;
  • Le budget 2022 devrait soutenir la reprise économique ;
  • La moitié de la récente allocation de DTS devra être consacrée à des projets d'investissement prioritaires ;
  • Le renforcement de la gestion des investissements publics doit être crucial pour en accroître l'efficacité ;
  • La création d'espace budgétaire en améliorant la mobilisation des recettes intérieures est la clé du succès du programme de réformes des autorités, notamment pour répondre aux besoins en infrastructures et aux besoins sociaux ;
  • Les financements concessionnels doivent être privilégiés, tout en continuant à éviter le financement monétaire de la Banque Centrale du Congo.
  • L'amélioration de la gestion des finances publiques devra être importante pour soutenir l'efficacité des dépenses ainsi que la transparence et la responsabilité budgétaires.

Pour la Banque centrale, le FMI fait entre autres recommandations :

  • La BCC devrait continuer à renforcer son cadre de politique monétaire et sa situation financière ;
  • La BCC devrait améliorer la supervision bancaire et intensifier ses efforts pour renforcer les sauvegardes ;
  • La CC devrait réduire la dollarisation. Ce qui contribuerait à améliorer le mécanisme de transmission de la politique monétaire.
  • L'accumulation de réserves de change devrait se poursuivre tout en laissant le taux de change agir comme un amortisseur ;
  • Des efforts continus pour promouvoir l'inclusion financière sont également nécessaires.

Pour autant, soutient le FMI, la mise en œuvre de réformes structurelles, notamment en matière de gouvernance, « reste essentielle pour soutenir la reprise et promouvoir une croissance durable et tirée par le secteur privé ». Dans cette perspective, le gouvernement devra aussi « faire avancer les réformes pour la lutte contre la corruption, la LBC/FT et la transparence des secteurs miniers et des ressources naturelles reste crucial pour améliorer le climat des affaires ».

En somme, insiste la patronne du FMI, le programme de réformes devrait continuer à bénéficier « du renforcement des capacités pour la formulation et la mise en œuvre efficace des politiques, notamment en matière budgétaire, de gouvernance et pour les secteurs monétaire et financier ».

DESKECO

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