RDC : l’appel vibrant d’Albert Yuma pour l’application du Code minier révisé

Albert Yuma au CES
PAR Deskeco - 04 mai 2021 08:22, Dans Mines

Invité pour animer une séance académique le lundi 3 mai 2021 au Conseil économique et social (CES), le président de la FEC, Albert Yuma Mulimbi, a exposé sur le thème : « Les Enjeux du Code minier révisé ». Pour l’orateur de cette séance académique, l’enjeu principal maintenant pour le Code minier révisé est qu’il y ait un front commun des dirigeants du pays pour son application effective. D’où, l’invitation d’Albert Yuma lancé aux Conseillers de la République d’ « accompagner le combat » de l’application du Code minier révisé afin que la RDC bénéficie, enfin, de ses ressources minières.

« L’enjeu du code minier révisé dépassait de loin la simple adaptation juridique. Il avait pour ambition d’être ce qu’on appelle un « GAME CHANGER », mais l’expression ramasse bien l’idée. Le système dont nous avons hérité est un système injuste et inique. Un système qui a bénéficié de la faillite de notre Etat et des divisions politiques de nos gouvernants pour prendre possession en moins de cinq années de notre secteur minier. Ce code minier révisé est donc un code de réajustement et de rééquilibrage, dont les enjeux sont clairs. Développer les ressources financières de l’Etat, développer une classe moyenne congolaise en stimulant l’économie et assainir l’artisanat minier », a déclaré en substance Albert Yuma au cours de cette séance académique dirigée par Jean-Pierre Kiwakana, président du CES.

Pour le président de la FEC, un code ne fait rien à lui tout seul. « Le droit ne vaut que s’il est appliqué et la crainte et l’opposition manifestée par les industriels présents en RDC lors de son adoption, a témoigné de la pertinence de l’action engagée pour redevenir ce que nous avons été, en essayant de faire mieux et de dépasser les erreurs qui furent commises dans, il faut quand même le rappeler, une toute jeune République », estime le Président du Conseil d’Administration de la Gécamines pour qui l’application du Code minier révisé est « une question de souveraineté ».

Dans le développement de son exposé, Albert Yuma a démontré que pendant les années troubles de la RDC, entre 1996 et 2001 et jusqu’à 2005 au moment du partage 1+4, la Gécamines, entreprise d’Etat, a été dépossédée de plus de 40 millions de tonnes de cuivre, 4,5 millions de tonnes de cobalt et 4,3 millions de tonnes de zinc par des joint-ventures, au profit des multinationales profitant des faveurs trop larges du Code minier de 2002 conseillé par la Banque mondiale.

« Il faut donc appliquer ce Code sans retard et c’est la seconde étape du processus, pas la plus facile, même si la précédente était déjà complexe, à laquelle succédera je l’espère une troisième, qui trouvera les voies et moyens pour que ces 40 ou 54 millions de tonnes cédées gratuitement un jour réintègrent le giron national. C’est un test pour notre pays. Saurons-nous nous rassembler et faire front pour montrer un visage uni devant lequel nos partenaires n’auront d’autre choix que de respecter la loi ? Seul l’avenir nous le dira », a-t-il lancé aux Conseillers de la République.

Et de conclure : « Il ne faut pas se méprendre, nous sommes regardés dans toute l’Afrique et dans le monde entier. Si nous réussissons, alors que nous sommes le principal pays de matières premières minérales du continent, nous deviendrons un exemple pour tous nos frères africains qui pourront s’inscrire dans la dynamique engagée avec d’autres et notamment nos frères Zambiens. Si nous échouons, ce sera un triste signal que le même le plus grand pays d’Afrique Centrale, même le plus riche de ses matières premières, même le plus meurtri du continent qui est pourtant sorti de la spirale de la violence, n’aura pas réussi à rétablir son indépendance sur ses matières premières. Je compte sur vous tous ici présents pour accompagner ce combat ».

Prenant acte de l’appel lancé par l’orateur du jour, le président Jean-Pierre Kiwakana a invité les Conseillers de la République à se mettre au travail pour produire un Avis à soumettre à l’autorité politique pour une meilleure application du Code minier révisé de la République démocratique du Congo.

DESKECO

 
 

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