Jean-Pierre Kiwakana : « C’est par la force de notre économie que dépendra le respect absolu de notre souveraineté »

Jean Pierre Kiwakana
PAR Deskeco - 02 avr 2021 10:11, Dans Actualités

Le Conseil économique et social (CES) a ouvert, le jeudi 1er avril au Palais du Peuple, sa session d’avril 2021. Bien qu’elle soit principalement budgétaire, selon l’article 86 du Règlement Intérieur du Conseil Economique et Social, cette session fera également  l’objet des réflexions “profondes à la hauteur des besoins sociaux, enjeux et attentes du peuple congolais”, a souligné le président du CES, Jean Pierre Kiwakana, alors qu’il prononçait son discours lors de la cérémonie officielle d’ouverture de la session.

C’est dans ce cadre que cette session sera focalisée, à en croire le patron du CES, prioritairement sur : “1° L’éducation de base ; 2° La gouvernance et la souveraineté ; 3° La restauration de l’autorité de l’Etat ; 3° La régulation de la circulation routière 4° La redynamisation du Service National”.

Comme de tradition dans son discours d’ouverture, Jean Pierre Kiwakana a fait un tour d’horizon de tous les secteurs vitaux de la vie socio-économique de la République démocratique du Congo.

S’appesantissant  sur le secteur économique, le président du CES a attiré l’attention des dirigeants sur la nécessité de renforcer l’économie nationale afin de garantir la souveraineté de la RDC.  

« C’est par la force de notre économie que dépendra le respect absolu de notre souveraineté car il n’y a pas de souveraineté absolue sans prise de contrôle de son économie ; condition sine qua non pour déterminer, planifier et gérer ses priorités de développement en commençant par l’éducation », a déclaré Jean Pierre Kiwakana, analysant la situation économique, sociale et environnementale de la RDC à la date du 31 mars 2021.

Pour le premier des Conseillers de la République, la vie sociale des Congolais “est fortement impactée par le taux de change fluctuant et diversifié du Franc Congolais selon les entreprises et les lieux”. Dès lors, il a appelé à l’unification et à la maîtrise du taux de change afin de contribuer à la stabilisation du panier de la ménagère.

Bien que certains idicateurs économiques soient au vert, Jean Pierre Kiwakana estime que cela ne reflète pas le vrai visage économique que devrait présenter la République Démocratique du Congo. Ainsi, le Conseil Economique et Social s’est auto-saisi de cette problématique du développement de la RDC et entend  produire un “Avis global” sur la diversification de l’économie ; le déploiement à partir des options sur l’éducation, l’investissement, l’agriculture et la santé, a-t-il soutenu.

Mettre fin à l’hypertaxation des entreprises

Au plan de la fiscalité, le président du CES a interpellé les décideurs en ces termes : “ Les réformes fiscales ne peuvent plus attendre. Les entreprises encore en activité dans le secteur formel sont asphyxiées et soumises à une fiscalité confiscatoire et contre productive ne permettant pas une croissance saine et une gestion sereine”.

Dès lors, le Conseil Economique et Social préconise “l’ouverture d’une concertation entre le gouvernement et le secteur privé afin d’aboutir à la signature d’un pacte de bonne gouvernance sur le plan fiscal”.

Pour Jean Pierre Kiwakana, la large majorité qui se dessine aujourd’hui, offre “une opportunité rare d’avancer dans le bon sens et de poser les bases permettant à notre pays d’espérer un décollage pour un  véritable développement”.

Tout aussi, le président du CES a fustigé le fait que les Régies Financières, structures qui devraient se comporter en instrument de financement des besoins de l’Etat d’une part et notamment de conseiller ou d’encadreur d’autre part, se sont érigées, selon lui, en pourvoyeurs de frais de fonctionnement des entreprises créées pour le besoin de la cause et sans aucune contrepartie pour le secteur privé.

“Les Régies se créent au gré des besoins et chacune d’elles s’octroie d’abord le rôle de la police. Chaque Régie interprétant les textes à sa manière, il s’en suit, bien évidemment, un terrible désordre qui préjudicie les intérêts de toutes les parties, aussi bien de l’Etat que du secteur privé ; Les conséquences sont en toute évidence, répercutées sur le social de la population”, a-t-il dénoncé.

Il reviendra, a-t-il suggéré, à ce gouvernement de mettre fin à l’hypertaxation et à permettre aux entreprises, seules créatrices d’emplois et de richesse, de consolider leurs acquis et de participer pleinement au bien-être social réclamé par la population.

“L’insécurité fiscale et juridique sont les principaux freins à l’investissement en République Démocratique du Congo. Il est grand temps que des mesures fermes soient prises”, a martelé Jean Pierre Kiwakana Kimayala.

DESKECO

 
 

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