Kinshasa : une économie souterraine se crée dans la vente de la bière pour contourner les restrictions face au covid-19

Terrasses
PAR Deskeco - 26 mar 2020, Dans Actualités

De nouvelles méthodes de vente ont vu le jour à Kinshasa, après l'apparition du Chef de l'Etat Félix Tshisekedi à la télévision publique pour annoncer quelques mesures barrières pour lutter contre le COVID-19 : bars, écoles, églises, universités, cafés et restaurants fermés. Et cela pour quatre semaines.

En tirant les vers du nez du tenancier d'un bar installé à N'djili au quartier 5, il nous dévoile sa stratégie.

"Je ne joue plus de la musique pour ne pas attirer l'attention des policiers. Je n'installe pas non plus les chaises comme avant. Tous mes clients sont dans la parcelle où je prends le soin de surveiller le portail. Si non, je veux mourir de faim avec ma famille", relate Jean.

"Comment se fait-il que les bars soient interdits mais la Bralima et la Bracongo continuent à nous fournir de la boisson", s'exclame-t-il.

Les mesures drastiques contre le COVID-19 annoncées le 18 mars n'ont pas été digérées par tout le monde, surtout les tenanciers des bars.

Sur le boulevard Kimbuta au quartier 1 de la commune de N'djili, réputé être un milieu d'ambiance, il règne un silence de mort, pas de musique encore moins de cris de joie. Mais derrière ce silence ce cache une vraie "free party".

Il suffit de franchir le portail d'un bar réputé de la place pour remarquer une foule de gens qui boivent en silence. Pour le tenancier de ce bar, "ne pas vendre pendant 4 semaines est difficile pour la survie de sa famille", à l'en croire.

D'autres, par contre, respectent ces mesures mais ne cessent de s'inquiéter quant à leur survie. On peut voir des bars fermés avec des cadenas du matin jusqu'au soir. Durant ces 4 semaines, les Kinois sont appelés à serrer les dents face aux mesures drastiques prises par Félix Tshisekedi.

Jordan Mayenikini

 
 

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