RDC : 370 millions USD du FMI attendus dès décembre 2019 au titre de la Facilité du crédit rapide (BCC)

gouverneur bcc
PAR Deskeco - 09 nov 2019, Dans Finances

Une mission du Département Afrique du Fonds monétaire internationale (FMI) séjourne à Kinshasa depuis le mois d’octobre. Cette mission fait suite de celle effectuée  du 22 mai au 5 juin 2019 au titre de consultation de l’article IV des statuts du FMI portant sur l’évaluation générale des indicateurs du cadre macroéconomique de la RDC.

Alors que les uns attribuaient  cette nouvelle mission comme objet l’audit de la Banque centrale du Congo et des institutions de la République, le gouverneur de la BCC, Déogratias Mutombo, a tenu à recadre les choses dans leur juste proportion. « L’objet de la mission actuelle en RDC de la Direction Département Afrique du FMI est de mettre ensemble, avec nous partie congolaise, les conditions de mise en œuvre du programme économique du gouvernement qui sera appuyé par l’assistance technique, les services du Fonds, et en même temps par les appuis financiers du FMI. Actuellement, nous sommes en train de travailler pour valider ensemble les critères de performance économique pour parvenir à réaliser ce programme. Lorsque la mission de fin mai et débit juin a remis le rapport au Conseil d’administration du FMI, ce dernier a estimé que le rapport était satisfaisant et que la RDC pouvait bénéficier des appuis du FMI pour son programme économique. En même temps, il avait été estimé nécessaire que faire passer la RDC par une première étape d’ajustement qu’on appelle Programme de référence. Ce programme de référence va prendre six mois, à compter de début octobre 2019 jusqu’à fin mars 2020 », a dit Déogratias Mutombo, lors de la conférence de presse tenue le vendredi 8 novembre à l’issue de la 9ème réunion du Comité de politique monétaire.

Bien plus, avant même la fin de cette première mission, la RDC devrait bénéficier de 370 millions USD du FMI au titre de la Facilité du crédit rapide, à en croire le patron de la BCC.  « La mission qui est là va prendre fin le 15 novembre 2019. A cette date, nous allons finaliser la validation de tous les critères quantitatifs et tous les autres critères structurels du programme de référence. Elle déposera son rapport au conseil d’administration du FMI. Je pense que les choses évolueront normalement. Autour du 16 décembre 2019, c’est-à-dire avant même la première évaluation qui est prévue à fin décembre, la RDC pourra bénéficier de la Facilité du crédit rapide qui représentera au moins 25% de notre quotepart, un montant de plus ou moins 370 millions USD, soit un peu plus de 166 millions de DTS. Ce décaissement sera fait en une seule tranche au mois de décembre 2019 », a annoncé le gouverneur de la Banque centrale précisant qu’en plus la RDC bénéficiera des appuis techniques pour la mise en œuvre de ce programme de référence.

Deux autres missions du Fonds monétaire international sont attendues en décembre 2019.

« C’est n’est qu’une première mission. Il y aura encore deux autres missions au mois de décembre 2019. Il y aura une mission du Département juridique et financière du FMI qui va faire une évaluation de la gouvernance institutionnelle au niveau de la RDC et une évaluation du cadre national de lutte contre la corruption. Ce n’est pas un audit comme certains le dise. Non. Le FMI va consulter toutes les structures étatiques, les ministères, la banque centrale et  les entreprises qui sont impliquées dans les activités qui impactent l’activité économique du pays. On va faire l’état de lieu de l’état de gouvernance. Et le FMI va proposer des mesures d’amélioration de cette gouvernance. Là, c’est le repère structurel. Une fois que nous nous mettrons d’accord sur ces repères structurels, la RDC doit s’y conformer pour les réaliser, en les mettant en œuvre.  La troisième mission va se pencher sur l’évaluation de la sauvegarde de la Banque centrale. C’est également une mission d’évaluation de la gouvernance au niveau de la Banque centrale pour voir si notre système de comptabilité donne des informations fiables sur notre patrimoine, sur les fonds que nous recevons du FMI, évaluer le système de contrôle interne, évaluer les procédures de contrôle interne,  qui sécurise les opérations, comment fonctionne le service d’audit, sont-ils indépendants des autres directions, l’indépendance opérationnelle de la Banque sans interférence extérieure », a expliqué Déogratias Mutombo.

Le Programme formel avec le FME ne pourra entrer en œuvre qu’au second semestre 2020 mais devra être assorti des critères de performance.  Et ce qui devra déclencher les appuis budgétaires des autres institutions financières internationales.

 « Après la première évaluation de fin décembre 2019, une deuxième évaluation aura lieu à fin mars 2020. Il pourra y avoir un glissement jusqu’à fin mai 2020, le temps de se mettre d’accord pour entamer les négociations pour le programme formel. Celle fois-là, ce programme formel devra commencer au début du second semestre 2020. Ce programme fera l’objet de critère de performance comme il sera défini pour le programme de référence. Mais, il sera appuyé par la Facilité élargie au crédit comme appui à la balance de paiement. Même la facilité au crédit rapide c’est un appui à la balance des paiements au titre de la facilité élargie au crédit (FEC). En même temps, pourront suivre les autres appuis budgétaires des autres partenaires comme la Banque mondiale, la BAD, l’Union européenne », a-t-il dit

A tout prendre, Déogratias Mutombo soutient que « Le but final de toutes ces missions « c’est de se rassurer que les fonds que la BCC va recevoir du FMI soient bien gérés et, à terme, soient bien remboursés de manière à servir les autres Etats membres du FMI ». « Ce n’est pas un audit qui va amener le FMI à sanctionner qui que ce soit. On fait un état de lieu de la gouvernance. On relève les défaillances et les points forts. On se met d’accord sur les mesures correctives pour améliorer la gouvernance. C’est à cela que les deux autres missions vont s’atteler au mois de décembre », a-t-il conclu pour taire la polémique sur cette question.

C’est la visite du président de la République, Félix Tshisekedi, en avril 2019 à Washington, aux USA, au siège du FMI qui a enclenché tout ce processus de reprise de la coopération formelle avec cette institution de Bretton Woods.

Amédée Mwarabu                                                        

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