Déogratias Mutombo : « l’activité économique est en baisse, il faut la stimuler au niveau national »

Déogratias mutombo
PAR Deskeco - 17 fév 2021 10:27, Dans Finances

Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Déogratias Mutombo, a plaidé, au cours de la traditionnelle conférence de presse tenue à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire, pour la stimulation de l’activité économique en République démocratique du Congo par des investissements publics du gouvernement.

« Il faut noter que l’activité économique est en baisse en RDC. Il faut la stimuler. Du fait de la covid-19, du fait de toutes ces mesures d’incitations financières et fiscales qui ont été prises dès la première vague : soutien à l’économie, soutien au système de santé. Les recettes de l’Etat avaient baissé par ce que certains soutiens se sont traduits par des exonérations… Pour stimuler l’activité économique, il est important d’engager des réformes structurelles plus approfondies également dans le cadre du Plan de relance économique national qui vise à stimuler l’activité économique à travers un soutien à l’investissement, à travers une stratégie d’investissements publics », a déclaré Déogratias Mutombo le mardi 16 février au cours de la conférence de presse.

De son avis, cette stimulation de l’activité économique doit être soutenue par des réformes beaucoup plus approfondies que le gouvernement devrait mettre en œuvre.

« Il faut des réformes fiscales pour accroitre la mobilisation des recettes publiques de manière à permettre à l’Etat de dégager des marges budgétaires qui peuvent être affectées de manière progressive aux investissements publics parce qu’aujourd’hui nous mobilisons à peine moins de 10% de notre Produit intérieur brut. Notre collecte fiscale est parmi les plus faibles de la planète.  Si nous pouvons atteindre le minimum de 20% du PIB, par exemple 1 milliard de dollar par mois, nous serons en mesure de financer notre Plan de relance économique. C’est possible parce que notre PIB est d’environ 50 milliards USD », a renchérit le patron de la BCC.

Tout en reconnaissant qu’il est difficile de mobiliser 1 milliard USD par mois très rapidement, Déogratias Mutombo encourage le gouvernement central à recourir au financement extérieur.

« Le financement extérieur de premier plan c’est sur le marché local. C’est pourquoi il est important que nous travaillions à l’approfondissement de notre marché financier intérieur des Bons du Trésor. Le marché des Bons du Trésor fonctionne au ralenti. Tantôt on accuse le manque de liquidité. Tantôt on accuse de spectre d’instabilité. Donc, il faut des réformes courageuses du gouvernement qui puissent montrer aux yeux du marché et des investisseurs que l’Etat s’engage dans la stabilité des indicateurs macroéconomique. Les Bons du Trésor indexés ne doivent pas faire peur parce qu’aujourd’hui si l’Etat lève 50 milliards de FC, et qu’on indexe en dollar c’est 25 millions USD. Si nous maintenons la stabilité de la monnaie, trois mois après, les 50 milliards de FC vaudront toujours 25 millions USD. Donc, il y a plusieurs réformes à faire pour financer le Budget de l’Etat », a soutenu Déogratias Mutombo.

Pour autant, il estime que c’est avec des instruments devant maintenir la stabilité des indicateurs macroéconomiques que le gouvernement pourrait lever des fonds même sur le marché international.

« Il ne faut pas oublier le financement sur le marché international. On peut également l’activer par des politiques intérieures sur base des instruments du marché intérieur qui maintiennent la stabilité ou un taux d’intérêt attractif. Cela peut faire en sorte que les investisseurs étrangers puissent venir acheter nos titres financiers et nous permettre de financer le Plan de relance économique », a-t-il ajouté.

Il faut noter que les finances publiques de la RDC sont au rouge. A fin janvier 2021, le compte du Trésor a enregistré un déficit de  29,4 milliards de FC (14,223 millions USD), résultant des recettes de l'ordre de 530,6 milliards de FC (256,603 millions USD) et des dépenses de 560,1 milliards de FC (270,972 millions USD). C'est avec une quotité tirée des appuis budgétaires du FMI et de la BAD que ce déficit a été comblé. De même, c'est avec les appuis budgétaires du FMI et de la BAD que le gouvernement a pu financer les Bons du Trésor échus en janvier 2021 à hauteur de 28,4 milliards de CDF (13,739 millions USD).

Sur base des réalisations de production à fin septembre 2020, le taux de croissance de la RDC est projetée à 0,8% pour l'année 2020. Pour 2021, le gouvernement table sur un taux de croissance économique de 3,2%, selon les données de la Banque centrale.

Amédée Mwarabu

 
 

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