RDC :Trois ONG invitent Félix Tshisekedi à revoir à la baisse la taille du gouvernement proposée par la coalition FCC-CACH

PAR Deskeco - 05 aoû 2019, Dans Actualités

Le Réseau d’Education Civique au Congo (RECIC) – Observatoire des Dépenses Publiques (ODEP) - COLLECTIF 24 (C24), le ROC 24 en sigle, l'ont fait savoir dans un communiqué rendu public, Le samedi 3 août à Kinshasa. 

"Nous craignons qu’à cette taille, au regard des charges des cabinets politiques et la capacité de mobilisation des recettes de 4,9 milliards USD, la loi des finances 2020 qui sera votée risquerait de servir seulement les Institutions à hauteur d'environ un milliard USD au détriment du peuple. Ainsi, Le « Peuple d’abord » deviendra « politicien d’abord ». Pourtant d’autres Pays comme le Gabon, qui a un budget de 5 milliards de USD avec une densité de 2 119 036 hab. n’a que 28 ministres ; la Côte d’Ivoire qui a un budget de 12 milliards de USD avec une densité de 25.587.248 Hab. n’a que 28 ministres et un secrétaire d’état ; l’Angola qui a un budget de 36, 3 milliards de USD avec une densité de 30 355 880 hab n’a que 31 ministres, pour ne citer que ceux là", s'inquiètent ces trois organisations de la société civile. 

Par ailleurs, l’architecture de ce Gouvernement apparaît la deuxième plus grande qu’a connue la RDC depuis l’adoption d’une nouvelle constitution en 2006, après celui de Badibanga Investi en décembre 2016 composé de 68 membres. Alors que le Gouvernement de Mzee Laurent désiré Kabila n’avait jamais atteint 20 membres et était capable de payer 100 dollars Usd au militaire et policier le moins gradé. Et ce, pendant la période de guerre qu’a connu la RDC, ont-elles ajouté. 

Une ossature porteur de germe des conflits

La répartition des portefeuilles ministériels entre le FCC-CACH ressemble à un partage du gâteau entre politicien en lieu et place de partage du pouvoir fondé sur un programme commun de développement social et économique, renseignent le ROC24.

En plus, les ministères ont été créés en violation même de l’Ordonnance portant organisation et fonctionnement du Gouvernement, modalités de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ainsi qu’entre les membres du Gouvernement, d’une part, et celle fixant les attributions des ministres, d’autre part, alors que celles-ci sont encore en vigueur. Tout cela pour satisfaire les appétits des politiciens, renchérit Henri Longendja, secrétaire exécutif du collectif 24.

"Tout porte à croire que la taille de ce Gouvernement qui est budgétivore et pléthorique, ne cadre pas avec le slogan « le peuple d’abord », censé combattre la pauvreté en République Démocratique du Congo. Dans une RDC, qui compte parmi les pays les plus pauvres du monde (176e rang sur 187 pays dans le dernier indice de développement humain de l’ONU, en 2015) et où « la difficulté d’accès aux soins réduit l’espérance de vie à environ 58 ans ». Il est donc clair que l’espoir du peuple s’envole", s'inquiètent ces trois organisations de la société civile. 

Avant la sortie de ce Gouvernement, le RECIC, ODEP et COLLECTIF 24 invitent  le chef de l'État, Félix Tshisekedi, de récuser toute personne impliquée dans la corruption ou violation de droit de l'homme. Mais, aussi de revoir l’architecture du Gouvernement proposée par les négociateurs délégués de la coalition CACH-FCC. 

VM

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