RDC : Même des mauvais gestionnaires sont couverts d'immunité au parlement

PAR Deskeco - 14 mai 2019, Dans Actualités

Le président de la République, Félix Tshisekedi, a encore réaffirmé, le lundi 13 mai, au Kempinski Hôtel Fleuve Congo, à Kinshasa, devant les gouverneurs et vice-gouverneurs sa détermination à combattre toutes les antivaleurs qui ont retardé le développement de la RDC.

“Je combattrai, avec la dernière énergie, la corruption, le détournement des deniers publics, le tribalisme, le népotisme, la concussion, le clientélisme, l’incivisme”, a déclaré Félix Tshisekedi devant les gouverneurs et vice-gouverneurs nouvellement élus.

La corruption, les détournements des deniers publics, le clientélisme et bien d'autres vices sont donc dans le viseur du nouveau chef de l’Etat qui a été élu pour imprimer un changement dans la gouvernance de la Res Publica. Sans des résultats probants dans cette lutte contre les antivaleurs, la RDC est condamnée à patauger dans la pauvreté comme c'est le cas aujourd’hui.

Cependant, plusieurs gestionnaires (Premier ministre, ministre, vice-ministre, mandataire public, etc.) qui ont eu à gérer ces dernières années sont aujourd'hui soit députés, soit sénateurs, et donc couverts d'immunité, au sein du parlement. Tout aussi, d'autres se sont fait élire gouverneur ou vice-gouverneur de province. Or, parmi ces élus qui sont aujourd'hui dans les institutions, il y en a qui pourraient être poursuivis pour leur mauvaise gestion d'hier.

Tout le monde sait dans quel état ces anciens dirigeants ont laissé les entreprises publiques. Il en est de même de certains anciens ministres tant du  gouvernement central que des gouvernements provinciaux qui ont des comptes à rendre à la République. Mais, même ces mauvais gestionnaires ont été élus et se retrouvent dans les institutions de la République.

Dès lors, il y a lieu de se demander comment tous ces mauvais gestionnaires qui sont aujourd'hui protégés par une immunité au parlement ou dans les gouvernorats pourront être poursuivis demain. Évidemment, il faudra d'abord lever leurs immunités avant toute poursuite judiciaire. Dans un parlement où le FCC, la plateforme politique qui regroupe pratiquement tous les anciens du régime, est majoritaire, comment faire pour traduire ces mauvais gestionnaires en  justice ? Est-ce que le FCC peut coopérer pour lever l'immunité de ses membres, l'un après l'autre ? C'est ce qu'on va voir.

C'est l'équation qui se posera demain au président de la République quand il aura initié les audits dans les entreprises publiques et, pourquoi pas, sur certains grands projets mal gérés hier. Félix Tshisekedi ne peut pas atteindre ses objectifs dans la lutte contre la corruption sans sévir ceux qui en ont bénéficié durant plusieurs années et qui continuent à tirer profit du système corrompu hérité de ces dernières années d'une gestion au pifomètre.

A titre d'exemple, aujourd'hui, il y a un déballage de la gestion de la ville-province de Kinshasa à l'Assemblée provinciale. Que fera-t-on des résultats de ces interpellations s'il faut poursuivre les présumés coupables en justice alors qu'ils sont devenus des députés ou des sénateurs ? Ce qui est valable pour Kinshasa l'est pour l'ensemble des provinces de la RDC.

Il ne faudrait pas que les institutions de la République deviennent des refuges pour les mauvais gestionnaires qui veulent se soustraire de la justice. Le chef de l’Etat devrait veiller à ce que d'autres anciens dirigeants véreux ne soient recrutés dans son premier gouvernement attendu.

Amédée MK

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