Kinshasa : Hausse de prix du ciment, aucune raison avancée par les autorités

PAR Deskeco - 05 aoû 2019, Dans Actualités

Au marché Lufungula dans la commune de Kinshasa, Mpombo Ilo, propriétaire d’un dépôt de ciment a constaté une baisse dans les opérations d’achat.

« Moi j’arrivais à vendre même à 12.500 FC un sac de ciment, mais c’est depuis le samedi qu’il y a hausse de prix. Cela arrive souvent mais aucune explication claire n’a jamais été donnée. Moi je pense plutôt qu’il y a souvent crise matérielle et financière chez les fabricants pour que le prix augmente si brusquement », a affirmé Mpombo avant d’ajouter « depuis le matin je n’ai presque pas vendu, les gens savent que dans quelques jours le prix redeviendra à la normale, donc ils attendent ».

Dans une quincaillerie à quelques pas de là, Kalubi Serge, 17ans y vend du ciment. « Nous avons deux sortes de ciment, le 32 et le 42. Le 42 est souvent plus coûteux que le 32, maintenant tous se vendent au même prix. Moi je pense que ce sont les travaux du programme de 100 jours du président Félix Tshisekedi qui ont occasionné cette hausse de prix. Les producteurs veulent en profiter ».

Mpunga, n’a pas encore changé le prix mais compte le faire ce mardi.

« Moi je n’ai pas encore revu à la hausse le prix, je crois que je vais le faire demain quand j’aurais un nouveau stock. Je ne vois pas quelqu’un qui puisse stopper ses travaux de construction parce qu’il y a eu hausse de prix de ciment. Donc malgré l’augmentation du prix, les gens viennent toujours se procurer des dizaines de sacs comme toujours », a laissé entendre Mpunga, la quarantaine révolue.

Cette hausse de prix concerne les ciments produits localement et même ceux importés. Trois grandes sociétés de cimenterie (PPC, CIMCO et CILU) sont implantées au Kongo Central,  dans l’ouest de la RDC. Elles ont une capacité de production annuelle de 2,5 millions de tonnes, selon un rapport de la Banque centrale du Congo (BCC). Mais selon la Banque centrale, ces cimenteries ont réduit leur production à 530 000 tonnes pour les six premiers mois de 2019, suite au manque de consommation de grande envergure.  

Thérèse Ntumba

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