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RDC : Quelques sacs de maïs du Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo sont encore vendus à Kinshasa

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Près de 4 ans après l’inauguration le 15 juillet 2014 du Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo (Kwango) par le président Joseph Kabila, DESKECO.COM s’est intéressé à savoir ce qu’est devenu ce grand projet dans lequel le gouvernement avait investi des millions de dollars dans l’objectif d’approvisionner la ville de Kinshasa en produits agricoles. Le contrat avec la Société Sud-Africaine AFRICOM COMMODITIES LTD pour la gestion quotidienne du Parc Agro Industriel de Bukanga Lonzo se chiffre à 150 millions de dollars américains.

A Kinshasa, les six points de vente installés depuis l’inauguration du Parc Agro Industriel de Bukanga Lonzo en 2014 sont encore opérationnels. Composés essentiellement d’un container de 40 pieds et d’un espace bien aménagé, seuls deux agents travaillent du lundi au vendredi dans ces stands.

Un agent qui a requis l’anonymat a affirmé à DESKECO.COM que quelques produits de base sont à peine vendus dans les points installés à Ngiri-Ngiri, Yolo, Bandalungwa, Pascal, Matete et UPN.

« Chaque jour nous vendons des produits tels que le maïs jaune, le maïs blanc, la semoule jaune, la semoule blanche et la farine de manioc appelée localement “fufu”. Dans chaque stand, nous avons un gérant et un caissier. Nous ouvrons de 8 heures à 17 heures sauf samedi et dimanche. Chaque jour, le chef du personnel passe récupérer les recettes pour ensuite les déposer à la Banque. Quand les produits arrivent ici à Kinshasa, ils sont stockés dans notre dépôt central situé à la 17ème rue dans la commune de Limete et c’est à partir de là qu’on nous envoie les produits à vendre. Notre direction générale est située sur le boulevard du 30 Juin précisément à l’immeuble Elembo dans la commune de la Gombe », a-t-il indiqué.

Selon cet agent, un sac de 25 kg de maïs jaune coûte 21 000 FC.

Situé dans la province de Kwango, l’exploitation devait s’étend sur 58 km du nord au sud sur une superficie de 75 000 ha. Pour la première année, seuls 10 000 ha ont été plantés.

La première récolte a été effectuée en mars 2015 par le président Joseph Kabila et devrait en principe se tourner vers d’autres productions, comme l’élevage des volailles et porcs. Mais aujourd’hui Bukanga Lonzo est considéré par plusieurs acteurs comme un éléphant blanc.

Pour rappel, un audit diligenté par le Ministère des Finances sur la gestion du Projet Bukanga Lonzo, dont les résultats étaient diffusés par la LICOCO (Ligue Congolaise de Lutte Contre la Corruption), révélait fin décembre des pratiques de corruption dans les chefs des responsables d’AFRICOM COMMODITIES Ltd en complicité avec les autorités Congolaises.

 « Les auditeurs n’ont pas été en mesure de vérifier la nature de certaines dépenses engagées pour le compte du projet. Ces dépenses se rapportent aux paiement en faveur des institutions de la RDC (628 788 USD et 680 222 408 Fc), paiement en faveur des individus (52 850 USD et 90 854 000 Fc), paiement en faveur du projet PARC non reconnus par le partenaire AFRICOM COMMODITIES LTD (45 000 USD et 754 000 330 Fc), paiement en faveur des sociétés publiques (126 300 324 Fc), le montant de libération du capital des sociétés PARCAGRI, MARIKIN et SEPAGRI (874 121 880 FC) et des paiements en faveur de DESTICLOX et TRIOMF considérés par AFRICOM COMMODITIES Ltd comme ne se rapportant pas au projet BUKANGA LONZO (7 225 450 USD) », illustrait l’ONG dans un document de dix pages.

La LICOCO suggérait à Joseph Kabila de demander à la Justice d’ouvrir des actions judiciaires contre les responsables politiques qui ont favorisés la mauvaise gestion du projet Bukanga Lonzo.

« Le Projet Bukanga Lonzo était un projet à impact positif car il avait comme objectif principal de lutter contre l’insécurité alimentaire des populations se trouvant aux alentours du projet. Avec la mauvaise Gouvernance dans la gestion du projet, cet objectif ne pourra pas être atteint avec les conséquences que cela causerait sur le développement socio-économique du pays. Des millions de dollars ont été débloqués par le Gouvernement pour concrétiser le projet mais cet argent a été utilisé pour enrichir les gestionnaires du projet et plus particulièrement le partenaire d’AFRICOM COMMODITIES et leurs fournisseurs. Certaines autorités politiques ont bénéficié financièrement du projet en s’enrichissant illégalement », déplorait l’ONG.

Cynthia Basele/ stagiaire de l’UPN

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